Chargement de l’atlas
Atlas Culinaire · Qatar · Asie
Le riz du vendredi à Doha — basmati doré au bzar, acidulé au loomi percé, cuit « pressé » dans la marmite même de la viande, servi sur le grand plateau commun avec sa sauce daqous. Le plat que le Qatar tient pour sien, comme tout le Golfe.
Le vendredi midi, à Doha, quand les familles se retrouvent après la prière, il y a presque toujours au centre du salon un grand plateau commun, le sahn, couvert d'un dôme de riz doré. C'est le majboos. On s'assoit autour, on mange de la main droite, on cherche le morceau de viande qui s'effrite, et l'on arrose sa part d'une cuillère de daqous, la sauce tomate-piment servie à part. Le Qatar tient ce plat pour son plat national — et il n'est pas le seul à le revendiquer, on y reviendra.
À QUI APPARTIENT LE MACHBOOS ? Le Qatar le tient pour son PLAT NATIONAL — mais c'est une consécration des institutions touristiques et culturelles (Visit Qatar, Qatar Museums), PAS un décret : aucune loi, aucune inscription patrimoniale ne le protège (le patrimoine UNESCO du Qatar, c'est le majlis, le salon d'hôtes — pas un plat).
✦ Choisissez votre école ✦
La version de tous les vendredis, celle des recettes officielles qataries : le poulet mijote quarante minutes dans les épices et donne un bouillon doré que le riz boit en entier.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Commencez par le bzar, le mélange d'épices sans lequel il n'y a pas de machboos. Dans un bol, réunissez le cumin et la coriandre moulus — la base double qui mène la danse —, puis le loomi moulu si vous en trouvez, le gingembre, la cannelle, le curcuma, le poivre noir et le safran. Mélangez et respirez : ce parfum chaud et citronné, c'est déjà Doha. Chaque famille du Golfe garde ses proportions ; celles-ci suivent la cheffe qatarie Noor Al Mazroei.
Le pourquoiAssembler le bzar au dernier moment garde les huiles aromatiques intactes : un mélange éventé donne un riz plat.
Rincez le basmati à l'eau froide en changeant l'eau jusqu'à ce qu'elle coule parfaitement claire, puis laissez-le tremper trente minutes : il cuira détaché, grain à grain. Pendant ce temps, prenez les loomi et percez chacun de plusieurs trous à la fourchette ou à la pointe d'un couteau. Ce petit geste est la signature du plat : c'est par ces trous que le bouillon entrera dans le citron noir et en ressortira chargé de son acidité fumée.
Le pourquoiLe rinçage ôte l'amidon de surface qui collerait les grains ; le trempage raccourcit la cuisson et allonge le grain.
Dans une grande cocotte à fond épais, faites fondre le ghee et laissez les oignons émincés blondir sans hâte, huit à dix minutes, en remuant. Ajoutez l'ail et le gingembre râpés, les piments verts fendus, et laissez-les embaumer une minute. Saupoudrez alors deux cuillères de bzar et remuez trente secondes, pas plus : les épices doivent fleurir dans le gras, jamais brûler. Ajoutez les tomates concassées et le concentré, et laissez fondre le tout en une base épaisse et parfumée.
Le pourquoiFleurir les épices dans la graisse chaude libère leurs arômes liposolubles — c'est ici que le riz gagnera sa profondeur.
Frottez les morceaux de poulet du reste de bzar et posez-les dans la cocotte. Faites-les dorer sur toutes leurs faces dans la base, puis glissez les loomi percés, le bâton de cannelle et les gousses de cardamome. Couvrez d'eau à hauteur, salez, portez au frémissement et laissez mijoter à couvert une quarantaine de minutes, jusqu'à ce que la chair se détache de l'os sans se défaire.
Le pourquoiLe poulet mijoté dans les épices donne au bouillon tout ce que le riz boira ensuite : c'est le plat entier qui se joue ici.
Pendant le mijotage, préparez la sauce sans laquelle, disent les tables du Golfe, on ne mange pas un machboos. Faites dorer l'ail émincé dans l'huile d'olive, ajoutez les tomates mixées, le concentré, l'eau, la pincée de sucre, le piment et le sel. Laissez réduire une dizaine de minutes en remuant, jusqu'à une sauce nappante et rouge sombre. Ajoutez la coriandre ciselée hors du feu et réservez : le daqous se sert à part, chacun en arrose sa part de riz.
Le pourquoiLe daqous apporte la fraîcheur acide qui tranche le gras du riz : c'est le contrepoint du plat, pas une option décorative.
Sortez la viande de la cocotte et gardez-la au chaud. Mesurez le bouillon : il en faut environ un volume et demi pour un volume de riz — retirez l'excédent plutôt que de noyer le grain, quitte à le resservir en soupe. Remettez le bouillon à bouillir avec les loomi, goûtez et ajustez le sel, puis versez le riz égoutté avec la cuillère de curcuma. Ramenez au frémissement sans plus remuer.
Le pourquoiC'est le principe même du plat « pressé » : le riz cuit dans le jus exact de la viande et en absorbe toutes les épices.
Baissez le feu au minimum. Posez une feuille d'aluminium ou un torchon propre sur la cocotte, puis le couvercle par-dessus : la vapeur ne doit plus s'échapper. Laissez cuire vingt-cinq à trente minutes sans jamais soulever. Éteignez, et accordez encore dix minutes de repos, toujours couvert : c'est là que le grain finit de se tendre. Si vous voulez une viande dorée, passez-la pendant ce temps dix minutes au four chaud.
Le pourquoiLe scellage transforme la cocotte en étuve : le riz cuit à la vapeur du bouillon absorbé, uniformément, sans attacher.
Dressez le riz en dôme sur un grand plat commun. Arrosez-le du safran infusé, en gouttes ciblées qui marbrent l'or pâle de taches flamboyantes. Posez la viande au centre, parsemez d'amandes dorées et de raisins secs si l'envie est à la fête, ajoutez quelques brins de coriandre. Le daqous se pose à côté, dans son bol. Au Qatar, on s'assoit autour du plateau et l'on mange de la main droite — gardez au moins le plat commun : le majboos ne se mange pas chacun dans son coin.
Le pourquoiLe sahn central n'est pas un décor : le plat est construit pour être partagé, c'est le repas du vendredi familial.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
♔ Cette recette n'a jamais été testée par la communauté. Soyez le premier à fermer la couronne.
Le machboos émirati, signé par le bzar (bezar), le mélange d'épices maison des Émirats — « n'y lésinez pas, c'est de là que viennent les saveurs ».
Voir la recette →CousineLa kabsa saoudienne, le géant voisin : même racine arabe « presser », même marmite unique — la version saoudienne est réputée plus fumée et plus relevée, et c'est elle que le monde connaît le mieux.
Voir la recette →CousineLe machboos bahreïni, frère d'en face : même plat sous le même nom, avec la tomate et le citron noir encore plus appuyés.
Voir la recette →CousineLe machboos koweïtien, celui de la sauce daqqus servie à part et du hashwa — la garniture d'oignons confits, raisins secs et pois cassés cousue jusque dans le poulet.
Voir la recette →CousineLe majboos omanais — Oman, patrie présumée du loomi séché au soleil, tient sa propre version du riz pressé du Golfe.
Voir la recette →CousineLe mandi yéménite, cuit au four enterré du Hadramaout : une théorie en fait l'ancêtre de toute la famille kabsa-machboos — plausible, jamais prouvé.
Voir la recette →CousineLe biryani indien : pas un parent direct mais une branche sœur de la grande famille du riz épicé — le biryani étage des cuissons séparées, le machboos presse tout dans une seule marmite.
Voir la recette →Le même riz pressé, version des ports : au poisson (samak, comme le kanaad-thazard) ou aux crevettes (rubyan). Bien attesté dans le Golfe, plus discret dans les recettes qataries publiées.
Pas encore dans l'AtlasLa souche : l'historien Charles Perry fait naître le pilaf dans la Perse médiévale, juste en face du Golfe — le machboos en est la descendance khaliji, et le loomi a suivi le même chemin.
Pas encore dans l'AtlasSourcer ou se taire
♛ COURONNE — ENLUMINURE V4 · or en attente du test
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à cuisiner cette recette.