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Atlas Culinaire · Maurice · Afrique
Le ti pâté mauricien — chausson de pâte brisée doré, fourré d'une farce de bœuf haché au massalé, aux petits pois et au piment, soudé à la fourchette et servi chaud en gajak d'apéritif, en famille comme à la boulangerie du coin
À Maurice, le pâté n'attend pas les grandes occasions : il surgit dès qu'on reçoit. Sur le plateau de gajaks posé entre les verres, à côté des samoussas et des gâteaux piments, ces petits chaussons dorés se prennent du bout des doigts, encore tièdes, et croquent avant de fondre sur une farce parfumée au massalé. Chaque famille mauricienne a sa recette : farce de poulet, de bœuf, de fromage ou de thon au cotomili, pâte enrichie de ghee comme dans les boulangeries de l'île, forme en demi-lune festonnée, en rissole rectangulaire ou en petite « saucisse roulée » soudée à la fourchette. Le plat appartient à la grande famille voyageuse des rissoles et pastels que la colonisation française a essaimée des Antilles à l'océan Indien : un pliage de pâtisserie européenne que Maurice a créolisé à sa manière, en glissant dans la farce le curcuma, le massalé et le piment vert de la cuisine indo-mauricienne. On le cuit au four dans les boulangeries, on le plonge dans l'huile chaude à la maison et dans la rue, et on l'escorte volontiers d'un satini cotomili bien vert. Attention au faux-ami : le « pâté créole » de l'île sœur, La Réunion, est un tout autre monument — une croûte sablée au curcuma garnie de viande, réservée aux tables de Noël. Le pâté mauricien, lui, est un plaisir de tous les jours, celui des apéros qui s'éternisent et des fins d'après-midi où l'île entière grignote.
Deux débats bien réels traversent le pâté mauricien.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Dans un grand bol, mélangez la farine et le sel. Incorporez le beurre froid coupé en dés en l'effritant rapidement du bout des doigts jusqu'à obtenir une texture de sable grossier. Ajoutez l'œuf, puis l'eau froide progressivement. Rassemblez en boule sans pétrir. Enveloppez de film alimentaire et laissez reposer 30 minutes au réfrigérateur.
Le pourquoiLes fragments de beurre restés froids fondent à la cuisson en créant de fines poches friables dans la croûte, et le repos au froid détend le gluten : la pâte s'étale sans se rétracter et reste courte sous la dent au lieu de devenir coriace.
Chauffez l'huile dans une poêle et faites revenir les oignons 5 minutes. Ajoutez l'ail, le curcuma et le massalé. Ajoutez le bœuf haché, émiettez-le et faites-le cuire 8 minutes en remuant. Incorporez les tomates, les pommes de terre en dés et les petits pois, puis laissez cuire 10 minutes à couvert, jusqu'à ce que les pommes de terre soient tendres. Hors du feu, ajoutez le piment vert haché. Laissez refroidir complètement avant de garnir.
Le pourquoiUne farce entièrement cuite puis refroidie ne dégage presque plus de vapeur ni de jus : c'est ce qui garde la pâte sèche, la soudure intacte et le chausson fermé pendant la cuisson.
Préchauffez le four à 200 °C. Étalez la pâte sur 3 à 4 mm et découpez des disques de 12 cm. Déposez 2 cuillères à soupe de farce froide sur la moitié de chaque disque. Humectez le bord, repliez en demi-lune, puis pressez fermement le pourtour avec les dents d'une fourchette pour festonner et souder. Disposez sur une plaque et badigeonnez de jaune d'œuf.
Le pourquoiLe bord humecté libère un peu d'amidon qui agit comme une colle naturelle, et le festonnage à la fourchette multiplie les points de pression : la soudure résiste à la vapeur qui gonfle le chausson à la cuisson.
Enfournez à 200 °C pendant 20 à 25 minutes, jusqu'à ce que les pâtés soient uniformément dorés. Laissez tiédir 5 minutes avant de servir : l'intérieur reste brûlant. Dégustez chaud ou à température ambiante, idéalement avec un satini cotomili.
Le pourquoiÀ 200 °C, la croûte se fixe et dore avant que la farce n'entre en ébullition : le chausson garde sa forme au lieu de se fissurer sous la pression de la vapeur.
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Tissage transîle : à La Réunion comme à Maurice, le chausson frit fourré est le pilier de l'apéritif créole, hérité des mêmes vagues d'engagés indiens et du même goût des îles sœurs pour les bouchées dorées qui se mangent d'une main.
Voir la recette →CousineLes deux rois du plateau de gajaks mauricien : même geste de pliage-soudure autour d'une farce épicée, même friture dorée, même satini cotomili en escorte — le samoussa vient de l'Inde, le pâté de la pâtisserie française, et l'île les a réunis sur la même assiette d'apéro.
Voir la recette →Le grand faux-ami de l'océan Indien : à La Réunion, le « pâté créole » est une croûte sablée parfumée au curcuma garnie de viande, monument des tables de Noël — même nom, même métissage franco-indien, mais un plat totalement différent du chausson d'apéro mauricien.
Pas encore dans l'AtlasMême famille créole essaimée par la colonisation française : aux Antilles, le petit pâté salé fourré à la viande épicée joue exactement le même rôle de bouchée d'apéritif et de fête que son cousin mauricien, à dix mille kilomètres de là.
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