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Atlas Culinaire · Madagascar · Afrique
Trois ingrédients, une marmite couverte et un sachet noué : le pop-corn à la malgache, salé, relevé, mangé chaud en marchant.
Sur les étals malgaches, entre les cacahuètes grillées et les kaka pizon, on trouve souvent des sachets translucides gonflés de maïs soufflé. En malgache, le maïs se dit katsaka ; quand il éclate, il mipoaka — et le pop-corn local en a tiré son nom, poakatsaka, même si le mot français « popcorn » circule tout autant dans les cuisines et les médias de la Grande Île. Ce n'est ni un laoka ni un plat du repas : dans le pays du vary sy laoka, où le riz structure chaque table, le poakatsaka appartient à l'autre cuisine, celle du grignotage debout, des gares routières, des sorties d'école et des marchés.
Le vrai débat de cette fiche est son nom.
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Étalez les grains de maïs à éclater en couche fine sur un plateau ou un linge propre et laissez-les sécher au soleil pendant 24 heures. Ils doivent être durs, brillants et cassants. Utilisez impérativement du maïs à éclater à petit grain vitreux, pas du maïs doux ni du maïs à farine : ceux-là ne souffleront jamais, quelle que soit la chaleur.
Le pourquoiL'éclatement vient de l'humidité enfermée au cœur du grain : chauffée, elle se transforme en vapeur sous pression jusqu'à faire exploser l'enveloppe. Un grain mal conservé ou humide en surface laisse fuir la vapeur et gonfle mal ; seul un grain à enveloppe dure et intacte éclate franchement.
Mélangez dans un petit bol le sel fin et le piment en poudre, et posez-le à portée de main immédiate. Choisissez une marmite à fond épais avec un couvercle qui ferme bien, et préparez un grand saladier ou une plaque où verser les grains soufflés. Tout doit être en place avant d'allumer le feu.
Le pourquoiL'assaisonnement doit tomber sur les grains dans la minute qui suit le soufflage, pendant qu'ils sont encore brûlants : c'est la seule fenêtre où il adhère. Si vous cherchez le sel pendant que le maïs refroidit, elle se referme.
Versez l'huile dans la marmite froide, déposez-y trois grains de maïs, couvrez et chauffez à feu vif. Quand ces trois grains témoins éclatent, l'huile est à bonne température. Si votre marmite est petite, prévoyez de travailler en deux ou trois fournées plutôt que de la surcharger.
Le pourquoiLe test des trois grains remplace le thermomètre : les grains éclatent précisément dans la plage de température où l'amidon souffle bien, avant que l'huile ne commence à brûler et à donner un goût âcre.
Ajoutez tous les grains secs d'un coup, remuez quelques secondes pour les enrober d'huile, puis couvrez immédiatement. Si le couvercle ferme mal, posez un poids dessus : les grains sautent avec force et projettent de l'huile brûlante. Maintenez le feu vif et secouez la marmite fermée par mouvements circulaires toutes les vingt secondes.
Le pourquoiLe couvercle retient la chaleur et les projections, et le secouage fait rouler les grains non éclatés vers le fond chaud pendant que les grains soufflés remontent : chacun reçoit sa part de chaleur sans brûler.
Dès que les éclatements s'espacent nettement, environ un pop toutes les deux à trois secondes, retirez la marmite du feu. Laissez-la couverte encore trente secondes hors du feu : les derniers grains éclatent sur la chaleur résiduelle. Les grains restés durs au fond sont normaux et ne se mangent pas.
Le pourquoiPendant que les derniers retardataires finissent d'éclater, le fond de la marmite, lui, continue de griller : hors du feu, vous gagnez les derniers pops sans sacrifier le goût de toute la fournée.
Versez les grains soufflés dans le grand récipient et saupoudrez aussitôt le mélange sel-piment en pluie, en remuant vigoureusement. Goûtez et ajustez : la version de marché est relevée mais pas brûlante, le piment fort restant l'affaire de chacun, à l'image du sakay que l'on ajoute soi-même à table.
Le pourquoiLa chaleur résiduelle et la très légère humidité de surface des grains tout juste soufflés font adhérer les poudres sans ajout de matière grasse. Sur des grains refroidis, l'assaisonnement ne tient plus.
Répartissez en petites portions dans des sachets ou des cornets de papier, fermés d'un nœud rapide comme sur les étals. Le poakatsaka se mange chaud, idéalement dans la demi-heure. Pour en garder, laissez-le refroidir complètement à l'air libre avant de l'enfermer dans une boîte hermétique, où il tient quelques jours.
Le pourquoiEnfermé encore tiède, le maïs soufflé dégage de la vapeur qui se condense dans le sachet et le ramollit. Complètement refroidi, il garde son croustillant en boîte fermée.
Servez tiède ou chaud, en grignotage, avec un verre de ranovola, l'eau de riz grillé qui est la boisson de table malgache, ou un café bien sucré. Sur les étals, ce genre de snack sec voisine avec les cacahuètes grillées et les kaka pizon : n'hésitez pas à composer votre propre assortiment.
Le pourquoiLe trio sel, piment et amidon chaud appelle une boisson : le goût légèrement grillé et fumé du ranovola prolonge celui du maïs soufflé, quand le café sucré joue le contraste.
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