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Atlas Culinaire · Colombie · Amériques
Le grand frère de l'empanada — même masa d'añejo, même pipián, mais enveloppé et cuit à l'eau au lieu d'être frit
360, porteuse Fabiola Bermúdez Quengúan ; également Ordóñez, « Gran Libro de la Cocina Colombiana », 2012, p.
267).
Trois conséquences en découlent.
Premièrement, ce tamal n'a rien à voir avec les autres tamales colombiens : celui du Tolima et celui de Santander se construisent sur une masa de maíz pelado non fermentée et une farce carnée ; celui de Popayán se construit sur une masa FERMENTÉE — le maïs añejo trempé quinze jours — et sur une farce SANS VIANDE, à la papa colorada, au maní torréfié et à l'achiote.
Un tamal payanés est donc, sans que personne ne l'ait décidé pour cette raison, végétarien.
Deuxièmement, la feuille doit être SOASADA — passée à la flamme —, ce que l'inventaire prend la peine de préciser : c'est une exigence technique, pas un détail.
Troisièmement, et c'est le point le plus intéressant : empanada et tamal de pipián sont le MÊME produit sous deux cuissons.
La masa et la farce sont identiques ; l'une est frite en petit format, l'autre pochée en grand.
C'est une économie de cuisine élégante, typique des cuisines de marché — une seule préparation de base qui donne deux plats de statut différent, un pasaboca et un plat de résistance.
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Couvrir le maïs trillé d'eau froide, couvrir d'un linge et laisser fermenter environ quinze jours à température ambiante, en changeant l'eau tous les deux jours. Le grain gonfle, ramollit et s'acidifie franchement. C'est le procédé de l'añejo, commun aux empanadas et aux tamales payanais, et il n'existe aucun raccourci qui donne le même goût. La cible est un maïs qui s'écrase entre deux doigts et sent l'aigre-fruité, comme un levain. Une odeur putride ou un voile coloré signale une dérive : on jette.
Le pourquoiLa fermentation lactique acidifie le grain, hydrolyse partiellement son amidon et développe les composés qui donnent à la masa payanaise son goût — c'est une nixtamalisation par voie biologique.
Rincer rapidement le maïs añejo, le moudre humide, puis le cuire dans une paila avec la graisse et le sel, en remuant sans arrêt, quinze à vingt minutes, jusqu'à ce qu'il épaississe et se détache des parois. Détendre au bouillon si la masa devient trop ferme. La cible est une pâte souple, homogène mais légèrement granuleuse, qui s'étale à la cuillère sans se déchirer et qui garde l'empreinte du doigt. Trop ferme, le tamal sera compact ; trop molle, il fuira.
Le pourquoiLa précuisson gélatinise l'amidon et rend la masa plastique ; sans elle, la pâte se délayerait dans l'eau de cuisson au lieu de prendre.
Cuire les papas coloradas entières avec leur peau, les écraser chaudes SANS les éplucher. Torréfier et moudre les cacahuètes. Monter un hogao avec l'oignon et les tomates jusqu'à ce que l'huile remonte, y incorporer l'achiote écrasé avec la cannelle, les clous de girofle et le cumin, puis la purée de papa, le maní moulu et les œufs durs hachés. Travailler dix minutes à feu doux, saler franchement. La cible est une farce compacte, orangée, qui tient en boule et ne rend aucun liquide. La laisser refroidir complètement avant le montage.
Le pourquoiLe refroidissement fige les matières grasses de l'arachide et du hogao, ce qui rend la farce compacte et l'empêche de détremper la masa au montage.
Passer chaque feuille de plátano trois à cinq secondes au-dessus d'une flamme, face brillante vers le bas. Elle vire du vert mat au vert profond luisant et s'assouplit d'un coup. Essuyer au linge humide et couper des rectangles d'environ 30 × 25 cm. C'est l'opération que la fiche officielle désigne par « soasada » et elle conditionne tout : une feuille crue casse au pliage et le tamal prend l'eau. La cible est une feuille souple comme du tissu, qui se plie en quatre sans marquer de cassure blanche sur l'arête du pli.
Le pourquoiLa chaleur brève fait éclater la cuticule cireuse et évapore l'eau des nervures rigides : la feuille devient un emballage souple, imperméable et aromatique.
Poser deux feuilles croisées. Étaler au centre une couche de masa de cinq millimètres sur un rectangle de 15 × 12 cm. Déposer deux grosses cuillerées de pipián au centre, sans aller jusqu'aux bords. Recouvrir d'une seconde couche fine de masa et souder les bords en pressant. Rabattre les grands côtés de la feuille l'un sur l'autre, puis les extrémités, et ficeler en croix, serré mais sans étrangler. La cible est un paquet régulier, ferme, dont aucune masa n'affleure sur les bords. Un tamal trop garni éclate ; un tamal mal soudé laisse échapper son pipián.
Le pourquoiLa double couche de masa isole complètement la farce du liquide de cuisson : c'est elle, et non la feuille, qui empêche le pipián de se disperser dans l'eau.
Tapisser le fond d'une grande marmite de chutes de feuilles. Ranger les tamales bien serrés, couvrir d'eau bouillante salée, poser une assiette lourde par-dessus pour qu'ils ne remontent pas, et cuire deux heures à frémissement soutenu. Remettre de l'eau BOUILLANTE si le niveau descend sous les tamales. Le liquide doit trembler, pas bouillonner à gros bouillons. La cible est un tamal ferme, dont la feuille a viré au brun olive et dont la masa se détache proprement à l'ouverture.
Le pourquoiLa cuisson à l'eau plafonne à 100 °C et transmet la chaleur uniformément par conduction humide, ce qui gélatinise l'amidon de la masa de part en part sans dessécher la farce.
Sortir les tamales et les laisser reposer vingt minutes, à plat et toujours ficelés. La masa finit de prendre et le jus se redistribue ; ouverte brûlante, elle s'affaisse et colle à la feuille. La cible est un tamal qui se démoule d'un bloc et se coupe net à la cuillère. C'est aussi le moment de vérifier la réussite du montage : une tranche bien faite montre deux couches de masa nettes encadrant un cœur de pipián régulier, sans infiltration.
Le pourquoiPendant le repos, l'amidon gélatinisé commence à rétrograder en refroidissant légèrement, ce qui fait passer la masa de coulante à tranchable.
Porter les tamales fermés à table et laisser chacun dénouer sa ficelle et déplier sa feuille : le nuage de vapeur parfumée fait partie du plat. Servir avec de l'ají de maní, comme les empanadas. On mange à la cuillère, directement dans la feuille. Les tamales se conservent trois jours au frais dans leur feuille et se réchauffent quinze minutes à l'eau bouillante ou à la vapeur — jamais au micro-ondes, qui caoutchoute la masa. Ils se congèlent également très bien cuits.
Le pourquoiLa rétrogradation de l'amidon au froid est réversible par réchauffage humide au-dessus de 60 °C — c'est ce qui permet à un tamal de retrouver sa texture d'origine, contrairement à un pain.
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Sourcer ou se taire
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