Chargement de l’atlas
Atlas Culinaire · Burundi · Afrique
Le manioc épluché, bouilli, longuement fermenté en eau puis pilé en pâte lisse et collante : un féculent de base burundais cousin du cossette congolais mais à procédé propre — la fermentation par voie humide signe l'ubuswage
L'ubuswage est un féculent de base des collines burundaises, une pâte de manioc lisse et collante obtenue par une longue fermentation en eau. Sa nomenclature flotte — on l'appelle aussi ikivunde ou uburobe selon les sources — instabilité normale d'une cuisine peu documentée et transmise oralement, qu'il vaut mieux signaler que masquer. Ce qui le distingue, c'est son procédé : une fermentation par voie humide, propre au Burundi, qui le sépare du cossette et de la chikwangue congolais comme de l'attiéké ouest-africain.
L'ubuswage pose d'abord un casse-tête de noms, qu'il faut trancher honnêtement : « ubuswage » désigne la pâte finie, « ikivunde » ou « inyange » plutôt l'intermédiaire fermenté et séché dans la littérature scientifique, et « uburobe » la pâte servie selon certaines sources — cette instabilité lexicale est le lot des cuisines orales peu documentées.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Éplucher entièrement les racines de manioc (retirer l'écorce brune et la fine peau rose dessous) et retirer le cœur fibreux central. Couper en gros tronçons. Rincer à l'eau claire. Le manioc amer, plus riche en glucosides cyanogènes, est précisément celui que la fermentation longue rendra propre à la consommation.
Le pourquoiÔter l'écorce, la peau rose et le cœur fibreux prépare le manioc amer à la longue fermentation qui le rendra propre.
Plonger les tronçons de manioc dans une grande marmite d'eau bouillante et cuire 25 à 30 min jusqu'à ce qu'ils soient juste attendris. Cette première cuisson ramollit la racine et prépare la fermentation. Égoutter.
Le pourquoiLa première cuisson ramollit la racine et prépare la fermentation à venir.
Placer le manioc pré-cuit dans un récipient et le recouvrir entièrement d'eau. Laisser fermenter par voie humide à température ambiante environ deux semaines (10 à 15 jours). Le manioc devient tendre, un peu translucide et acide : c'est la fermentation lactique qui développe le goût ET dégrade les composés cyanogènes. C'est l'étape qui définit l'ubuswage / ikivunde burundais.
Le pourquoiLa fermentation humide de près de deux semaines développe le goût acide ET dégrade les composés cyanogènes du manioc amer.
Égoutter le manioc fermenté, le rincer puis le re-plonger dans de l'eau bouillante propre 15 à 20 min. Cette seconde cuisson est obligatoire : elle achève la sécurisation de la racine et la prépare au pilage. Égoutter soigneusement.
Le pourquoiLa seconde cuisson achève de sécuriser la racine et la prépare au pilage.
Mettre le manioc re-bouilli encore brûlant dans un mortier (ou grand récipient) et piler énergiquement jusqu'à obtenir une pâte lisse, homogène, gélatineuse et élastique, sans grumeaux ni fibres. C'est le pilage à chaud qui développe le collant caractéristique de l'ubuswage.
Le pourquoiLe pilage à chaud développe le collant et l'élasticité caractéristiques de l'ubuswage.
Façonner la pâte en pains ou en boules, les envelopper serré dans des feuilles de bananier et les passer brièvement au-dessus d'une flamme (braises ou gaz) en les tournant. La feuille noircit légèrement, parfume la pâte et raffermit la surface. On obtient l'ubuswage prêt à servir, chaud.
Le pourquoiPassée à la flamme dans sa feuille de bananier, la pâte se parfume et raffermit sa surface.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
♔ Cette recette n'a jamais été testée par la communauté. Soyez le premier à fermer la couronne.
Le renga-renga, l'amarante sautée, est l'un des légumes-feuilles que l'ubuswage vient accompagner dans le repas paysan.
Voir la recette →CousineL'ubuswage, la pâte de manioc fermenté, est l'un des féculents qui accompagnent l'ibiharage au centre de la table.
Voir la recette →L'attiéké ouest-africain est un autre manioc fermenté, mais réduit en semoule plutôt qu'en pâte collante.
Pas encore dans l'AtlasLa chikwangue congolaise est le voisin le plus proche : pâte de manioc fermenté en feuille, mais par un procédé distinct de la voie humide burundaise.
Pas encore dans l'AtlasLe fufu de manioc est le grand cousin panafricain : même racine réduite en pâte élastique servie avec les sauces.
Pas encore dans l'AtlasSourcer ou se taire
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à cuisiner cette recette.