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Atlas Culinaire · Barbade · Amériques
Le ragoĂ»t de NoĂ«l qui se garde indĂ©finiment â viandes gĂ©latineuses, cassareep noir et amer, Ă©pices chaudes, une marmite qu'on rebout chaque matin et qui gagne en profondeur chaque jour
Le **pepperpot** est-il guyanais ou bajan, et un pepperpot SANS cassareep est-il encore un pepperpot ? La controverse est tranchĂ©e par l'ingrĂ©dient lui-mĂȘme. La **cassareep** â rĂ©duction noire et sirupeuse de jus de manioc amer (bitter cassava) bouilli avec des Ă©pices â est l'invention des **AmĂ©rindiens (Arawak/Carib)** du plateau des Guyanes, et c'est elle qui dĂ©finit le plat : Wikipedia confirme « Cassareep is a seasoning made from cassava root [...] used as a base for many sauces and especially in Guyanese pepperpot » (https://en.wikipedia.org/wiki/Cassareep). Premier point tranchĂ© : le pepperpot dit « caribbean » de **Delia Smith**, dĂ©couvert Ă Bridgetown mĂȘme, remplace la cassareep par du lait de coco et de la courge butternut (https://www.deliaonline.com/recipes/international/american-mexican-and-caribbean/caribbean-pepperpot) â les puristes y voient une adaptation occidentale, pas un vrai pepperpot, car « the web content contains no mention of cassareep ». DeuxiĂšme point : la **propriĂ©tĂ© de conservation**. La cassareep est antiseptique ; un pepperpot non rĂ©frigĂ©rĂ© DOIT ĂȘtre rebouilli chaque jour, et on rapporte des marmites entretenues « pendant des annĂ©es » en ajoutant viande et cassareep Ă mesure (caribbeangreenliving.com, metemgee.com). C'est pourquoi le pepperpot se prĂ©pare avant NoĂ«l et se mange jusqu'Ă la nouvelle annĂ©e. TroisiĂšme point tranchĂ© par **Chris De La Rosa** (caribbeanpot.com) : la cuisson lente est non nĂ©gociable â « you'll loose some of that lovely flavor you ONLY get with slow cooking » â la cocotte-minute tue le plat. La Barbade partage ce pepperpot avec la Guyane voisine, mais l'adopte comme sien sur les buffets dominicaux et de NoĂ«l.
Falernum (liqueur bajanaise citron vert-amande-gingembre) sur glace â Banks Beer (biĂšre nationale de la Barbade) â sorrel chaud (infusion d'hibiscus Ă©picĂ©e de NoĂ«l) pour version sans alcool
Le **pepperpot** est l'un des plats festifs les plus emblĂ©matiques de la Barbade, indissociable de NoĂ«l et des grands buffets dominicaux. HĂ©ritĂ© des **AmĂ©rindiens des Guyanes** via la cassareep, il est partagĂ© avec la Guyane (oĂč il est plat national) et plusieurs Ăźles caribĂ©ennes, mais la Barbade l'a pleinement adoptĂ©. Sa singularitĂ© â une marmite qui se conserve et se bonifie sur plusieurs jours grĂące Ă l'antisepsie de la cassareep â en fait le plat-totem de la pĂ©riode des fĂȘtes, qu'on entretient du rĂ©veillon jusqu'Ă la nouvelle annĂ©e. Note 9/10 : c'est un incontournable de saison plus qu'un quotidien, exigeant en temps et en cassareep (ingrĂ©dient difficile Ă trouver hors CaraĂŻbes).
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Mettre la queue de porc salĂ©e (pig tail) Ă tremper dans l'eau froide pendant 1 heure, en changeant l'eau Ă mi-parcours, pour ĂŽter l'excĂšs de sel. Fendre le pied de porc en deux si le boucher ne l'a pas fait. Rincer la queue de bĆuf et le bĆuf Ă braiser, Ă©ponger. Ce dessalage est indispensable : la cassareep apporte dĂ©jĂ du salĂ© et la pig tail non dessalĂ©e rendrait le pepperpot immangeable.
Dans une grande cocotte en fonte, chauffer 1 c.Ă .s. d'huile Ă feu vif. Saisir le bĆuf en cubes et les tronçons de queue de bĆuf par petites quantitĂ©s, sur toutes les faces, jusqu'Ă belle couleur brune. RĂ©server. Cette caramĂ©lisation construit le socle de saveur que la longue cuisson va fondre dans le bouillon. Ne pas surcharger la cocotte, sinon les viandes bouillent au lieu de dorer.
Remettre toutes les viandes saisies dans la cocotte, ajouter le pied de porc et la pig tail dessalée. Verser la cassareep et l'eau bouillante à hauteur (environ 2,5 l). Porter à ébullition franche, puis écumer soigneusement les impuretés qui remontent en surface pendant les 10 premiÚres minutes. Un bouillon bien écumé donne un pepperpot net et brillant.
Incorporer l'oignon, l'ail, le bĂąton de cannelle, les clous de girofle, le thym, le zeste d'orange et le sucre brun. DĂ©poser le piment Scotch bonnet ENTIER (non percĂ©) sur le dessus â il parfumera sans libĂ©rer toute sa chaleur. Saler avec prudence (la pig tail et la cassareep salent dĂ©jĂ ). Couvrir partiellement.
Baisser à frémissement trÚs doux et laisser mijoter 3 à 4 heures, à couvert partiel, jusqu'à ce que les viandes soient fondantes et que le liquide ait réduit d'environ trois quarts en une sauce noire, sirupeuse et nappante. Remuer de temps en temps en grattant le fond. Si ça réduit trop vite, rajouter un peu d'eau bouillante. La cassareep épaissit naturellement le ragoût en fin de cuisson.
Retirer le piment Scotch bonnet, le bùton de cannelle et les branches de thym. Goûter et ajuster le trio amertume (cassareep) / rondeur (sucre brun) / sel. Idéalement, laisser refroidir et reposer au frais 1 à 3 jours : la saveur se déploie au réchauffage. Réchauffer à gros bouillons avant chaque service.
Servir le pepperpot brûlant dans des bols creux, accompagné de pain bajan (salt bread) pour saucer, ou d'un riz blanc. C'est un plat de Noël et de buffet dominical : on le sert souvent à cÎté du jug jug, du macaroni pie et du black cake. Décorer d'un peu de thym frais.
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Sourcer ou se taire
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