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Atlas Culinaire · São Tomé-et-Príncipe · Île de São Tomé
Le calulu santomense est le plat-roi de l'archipel — différent du calulu angolais bien que partageant l'âme lusophone. Ici, on superpose en cocotte des feuilles vertes finement émincées (matabala, batata-doce, ossame parfois mandioca), du poisson séché ressuscité par trempage long (cherne ou garoupa), des dés de tomate fraîche, des gombos entiers, des aubergines tendres, des oignons et de l'ail, le tout noyé sous l'huile de palme rouge (dendê) et le bouillon parfumé aux grãos do paraíso. Cuisson lente cinq heures, sans remuer, juste secouer la cocotte par les poignées. Servi sur banana cozida (banane plantain bouillie), arroz branco à part ou avec un fungé de manioc — c'est la table dominicale et le marqueur identitaire du Sete Sete (12 juillet, fête nationale).
À São Tomé-et-Príncipe, le calulu est le plat-roi : le totem national, celui des dimanches, des mariages, des deuils et surtout du Sete Sete, le 12 juillet, jour de l'indépendance. On le monte en couches dans une grande cocotte, on le noie sous le dendê rouge, et on le laisse cuire des heures sans jamais y toucher — car « calulu não se mexe, calulu se sacode » : le calulu ne se remue pas, il se secoue.
Le premier malentendu du calulu est de le confondre avec son cousin angolais : les deux sont lusophones et portent le même nom, mais le santoméen se veut festif, aux feuilles fraîches locales et au poisson séché dominant, quand l'angolais mêle poisson frais et séché et s'accompagne de fungé et de haricots.
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La veille, immergez le cherne séché dans un grand volume d'eau froide au frais, 12 à 24 h, en changeant l'eau toutes les 4 à 6 h (au moins 3 fois). Le poisson doit devenir souple et à peine salé. Égouttez, coupez en morceaux de 4-5 cm, ôtez arêtes et peau dure.
Le pourquoiLe poisson séché est très salé pour la conservation : un long trempage le ressuscite et le dessale, sans quoi le calulu est immangeable.
Lavez soigneusement les feuilles (matabala, patate douce, manioc), roulez-les en cigare et émincez-les en chiffonade très fine (2-3 mm). Pelez et concassez les tomates, coupez les aubergines en gros dés, équeutez les gombos sans les entailler, émincez oignons et ail.
Le pourquoiÉmincées en rubans de 2-3 mm, les feuilles fondent en sauce verte ; entières, elles restent fibreuses et immâchables.
Dans une grande cocotte, versez un trait de dendê, puis montez en strates : oignons-ail, poisson séché, feuilles, tomates, aubergines, gombos et grãos do paraíso ; répétez une couche, coiffez de feuilles. Versez TOUT le dendê restant en pluie sur le dessus et mouillez légèrement par le bord. Ne salez pas.
Le pourquoiLes strates laissent chaque ingrédient cuire à sa place et l'huile versée sur le dessus imprègne tout en descendant.
Couvrez hermétiquement et cuisez à feu très doux 3 à 5 h SANS ouvrir ni remuer : secouez seulement la cocotte par les poignées, d'un mouvement circulaire, toutes les 30 min. Le calulu est prêt quand l'huile remonte en lac brillant, les feuilles ont fondu et le poisson s'effeuille.
Le pourquoiLa cuisson lente et close fond les feuilles et confit le poisson ; secouer sans remuer préserve les couches.
Cuisez la banane plantain en tronçons DANS leur peau 25 min à l'eau salée. Cuisez le riz blanc long grain rincé 18 min à couvert. Pour le fungé (option angolar), versez la farine de manioc en pluie dans l'eau frémissante salée et travaillez en pâte ferme.
Le pourquoiBanane plantain bouillie, riz blanc et fungé de manioc composent la trinité dominicale où chacun se sert à son goût.
Ouvrez délicatement : trois strates apparaissent (huile rouge, sauce verte, poisson et légumes confits). Goûtez la sauce prélevée sur le bord et salez seulement si nécessaire. Retirez piment entier et laurier, puis laissez reposer couvert 10 min hors du feu.
Le pourquoiLe repos stabilise l'huile et la sauce verte ; goûter sur le côté évite de casser les couches.
Apportez la cocotte ouverte au centre de la table. Disposez la banane plantain en pyramide, le riz à part, le fungé si utilisé, et un ramequin de piri-piri. Chacun se sert une louche de calulu, pèle un tronçon de banane et compose son assiette. Servez très chaud, vinho de palma ou bière fraîche.
Le pourquoiOn apporte la cocotte ouverte au centre de la table : le parfum d'océan et de palmeraie fait partie du plat.
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Le calulu de peixe angolais est le frère lusophone : même nom, même dendê, mais il mêle poisson frais et séché et s'accompagne de fungé et de haricots.
Voir la recette →CousineLe caruru brésilien est le cousin lointain passé par la traite : gombos crémés et crevettes séchées, autre branche de la même famille afro-lusophone.
Voir la recette →CousineL'izaquente, autre pilier santoméen, tourne autour de la même huile de palme et du poisson fumé, mais à la pulpe de noix rouge.
Voir la recette →CousineLa cachupa capverdienne est l'autre grand plat national d'une île lusophone : même statut de totem, mais bâtie sur le maïs, sans feuilles ni dendê.
Voir la recette →CousineLe grand rival de l'île voisine : le calulu est l'âme de São Tomé, plus liquide et plus vert, quand le molho de fogo est le sang de Príncipe, plus sec et plus poissonneux.
Voir la recette →Sourcer ou se taire
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