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Atlas Culinaire · Cabo Verde · Afrique
La feijoada à moda capverdiana — haricots rouges (ou feijão congo à Fogo) longuement mijotés avec porc salé, linguiça portugaise (ou chouriço local), os fumé, chou portugais (couve) et un sofrito kriolu — servi sur du riz blanc à part. À ne pas confondre avec sa cousine brésilienne aux haricots noirs ni avec la portugaise de Trás-os-Montes — la version capverdienne assume sa rusticité paysanne et son identité kriolu, fruit de trois siècles de métissage atlantique entre traditions portugaises, africaines et créoles. Plat de fête le dimanche, plat de retrouvailles dans la diaspora (New Bedford, Brockton, Lisbonne, Rotterdam).
La feijoada capverdienne n'est pas le plat national de l'archipel — cette place revient à la cachupa, sans discussion — mais elle règne sur les dimanches de fête, les mariages et les baptêmes, du Cap-Vert jusqu'aux grandes communautés de la diaspora, de New Bedford à Lisbonne. C'est un ragoût de haricots né de trois siècles de métissage atlantique, où le garde-manger portugais rencontre le fonds africain et l'invention créole.
La grande querelle de la feijoada capverdienne est d'abord une question d'identité : on la confond sans cesse avec ses cousines.
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La veille, rincez les haricots rouges (ou feijão congo pour la version Fogo), couvrez-les de 3 fois leur volume d'eau froide avec 1 feuille de laurier, et laissez tremper 12 h (24 h pour le congo, plus dur). Au matin, jetez l'eau de trempage, rincez à l'eau claire et réservez.
Le pourquoiLe trempage long réhydrate le grain à cœur : sans lui, la cuisson s'éternise et les haricots restent indigestes.
Mettez le porc salé et l'os fumé (et l'oreille si utilisée) dans un grand volume d'eau froide, au réfrigérateur, et changez l'eau au moins 3 fois sur 12 h (rincez chaque morceau à chaque fois). Pour vérifier : goûtez un petit morceau rincé — il doit être à peine salé.
Le pourquoiLe porc salé capverdien est très lourdement salé pour la conservation tropicale : sans dessalage, la feijoada est immangeable.
Dans une grande marmite, réunissez les haricots trempés, le porc salé et l'os fumé dessalés. Couvrez d'eau froide à hauteur plus 5 cm, ajoutez 2 feuilles de laurier et le piment malagueta entier. Portez à frémissement, écumez soigneusement, puis laissez cuire à frémissement doux, couvercle entrouvert, 60 min.
Le pourquoiCuits ensemble dès le départ, haricots et viandes salées échangent leurs saveurs et bâtissent le fond du ragoût.
Pendant la cuisson des haricots, faites suer les oignons émincés 8 min dans l'huile d'olive jusqu'à translucidité dorée. Ajoutez l'ail 1 min, le poivron rouge 3 min, puis les tomates pelées concassées et le concentré. Cuisez 8 min jusqu'à une pâte épaisse rougeoyante, ajoutez le cumin et 1 feuille de laurier. Réservez.
Le pourquoiLe sofrito, base luso-créole d'oignon, d'ail, de tomate et de poivron fondus dans l'huile, donne au ragoût sa couleur et sa rondeur.
Versez le sofrito dans la marmite et mélangez délicatement, sans écraser les haricots. Ajoutez la linguiça et le chouriço en rondelles (et le bœuf, carottes, pommes de terre si utilisés). Ajustez la texture (eau chaude si trop épais, réduction si trop liquide) et laissez mijoter 30 min à frémissement doux.
Le pourquoiAjoutés en seconde moitié, linguiça et chouriço infusent leur gras et leur paprika sans se dessécher.
Émincez le chou portugais en fines lanières (roulez les feuilles en cigare). Blanchissez-le 1 min à l'eau bouillante salée, rafraîchissez et essorez. Faites-le sauter 2 min à feu vif avec un filet d'huile d'olive et 1 gousse d'ail : il doit rester vert vif et croquant. Réservez au chaud.
Le pourquoiBlanchie puis sautée séparément, la couve garde son vert vif ; cuite dans le ragoût, elle le noircirait et l'amèrait.
Vérifiez la cuisson : haricots tendres mais entiers, viandes qui se détachent, bouillon qui nappe sans être pâteux. Rectifiez sel (avec prudence) et poivre, un trait de citron vert si le plat est trop riche. Retirez piment entier et laurier, puis laissez reposer 10 min hors du feu.
Le pourquoiLe repos hors du feu stabilise les saveurs et laisse le bouillon prendre sa texture onctueuse finale.
Servez la feijoada bien chaude dans un grand plat creux, viandes disposées en évidence sur le dessus, couve sautée en couronne, coentros ciselés par-dessus. Présentez le riz blanc à part : chacun se sert son riz et verse la feijoada dessus. Ajoutez quartiers de citron vert et un ramequin de sauce piment.
Le pourquoiLe riz servi à part est la signature capverdienne : chacun règle à table son ratio de riz et de ragoût.
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La cachupa, elle, est le vrai plat national du Cap-Vert : l'autre grand ragoût kriolu, au maïs et aux haricots, dont la feijoada partage la table du dimanche.
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