Chargement de lâatlas
Atlas Culinaire · Papouasie-Nouvelle-Guinée · Hautes Terres papoues
Le festin cosmique des Highlands â cochon entier ('pig kill ceremony'), patates douces, ignames, taro, lĂ©gumes-feuilles, le tout cuit 6 heures sous la terre humide d'un four creusĂ© pour le clan tout entier.
Au cĆur des Hautes-Terres de Papouasie-Nouvelle-GuinĂ©e, le mumu n'est pas un plat : c'est un four, une technique et un festin rĂ©unis sous un seul mot. En tok pisin â le crĂ©ole anglais qui relie les quelque 800 langues du pays â « mumu » dĂ©signe Ă la fois la fosse creusĂ©e dans la terre, les pierres volcaniques chauffĂ©es Ă blanc, et le repas qui en sort aprĂšs des heures d'attente. C'est le plat national officiel, et l'une des plus anciennes cuisines vivantes du Pacifique : la cuisson Ă l'Ă©touffĂ©e dans un four de terre est attestĂ©e en Nouvelle-GuinĂ©e depuis des millĂ©naires.
Faut-il dater le mumu de « 4000 ans » ? La prudence s'impose.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Pour le porc : entaillez la couenne en croisillons profonds et salez généreusement toutes les surfaces (1 c. à c. de sel par kg). Pour le poulet : salez les cuisses et massez. Laissez reposer 30 min à température ambiante.
Le pourquoiLa cuisson trĂšs longue du mumu (jusqu'Ă 6 h) laisse au sel et Ă la fumĂ©e le temps de pĂ©nĂ©trer la chair jusqu'au cĆur.
Avec des gants, Ă©pluchez patates douces, ignames et taro. Coupez les patates en gros morceaux de 6-7 cm (les plus longues Ă cuire), l'igname en morceaux de 5 cm, le taro en cubes de 4 cm. Ăpluchez les bananes plantain et dĂ©taillez-les en tronçons de 5 cm. RĂ©servez chaque type dans l'eau froide.
Le pourquoiCalibrer par temps de cuisson permet d'étager les tubercules : les plus lents au plus prÚs des pierres, les plus tendres au-dessus.
Triez l'aibika (ou, à défaut, des épinards) : gardez les feuilles tendres, Îtez les nervures dures. Lavez, séchez, coupez grossiÚrement (4-5 cm). Passez 12 grandes feuilles de bananier briÚvement à la flamme pour les assouplir, puis détaillez-les en rectangles de 50 à 40 cm.
Le pourquoiLes feuilles de bananier passées à la flamme deviennent souples et libÚrent un parfum végétal qui infuse toute la fournée.
Creusez une fosse de 80 cm de profondeur (100 Ă 80 cm). Faites un grand feu de bois durs, empilez 30 pierres volcaniques dessus et attendez environ 3 h qu'elles soient blanches d'incandescence. Ătalez un tiers des pierres au fond, couvrez de feuilles de bananier humides, puis montez les strates : 1) patates douces et igname ; 2) feuilles ; 3) porc et poulet ; 4) feuilles ; 5) taro et plantain ; 6) feuilles ; 7) aibika au sommet. (Version cĂŽtiĂšre : versez ici le lait de coco.) Recouvrez du reste des pierres, de feuilles, d'une toile de jute mouillĂ©e, puis de 30 cm de terre. Cuisez 6 h.
Le pourquoiLe four de terre est un cuiseur-vapeur géant : les pierres rayonnent une chaleur douce et constante que la terre et la jute emprisonnent.
Préchauffez le four à 160 °C (chaleur tournante). Dans une grande cocotte en fonte à couvercle, tapissez le fond de 4 feuilles de bananier en croix. Montez les strates : patates douces, ignames et oignons au fond ; porc et poulet au milieu ; taro et plantain au-dessus ; aibika ou épinards au sommet. Salez entre les couches, éparpillez ail, gingembre et cive. Versez 200 ml d'eau (plus 300 ml de lait de coco pour la version cÎtiÚre). Repliez les feuilles en couvercle, fermez d'un papier alu hermétique puis du couvercle. Cuisez 5 h.
Le pourquoiLa cocotte fermée recrée en miniature l'atmosphÚre saturée de vapeur du four de terre.
Sortez la cocotte (ou ouvrez le mumu) et laissez reposer 15 min, couvert. La vapeur résiduelle achÚve la fusion des saveurs, la viande se détend, les tubercules boivent le jus.
Le pourquoiLe repos redistribue les sucs : la chair relùchée redevient moelleuse au lieu de rendre son eau à la découpe.
Au mumu cérémoniel, tout est versé sur une immense feuille de bananier ou une grande planche : le big man découpe le porc et distribue selon la hiérarchie clanique, aßnés et invités d'honneur servis en premier ; chacun prend sa part à la main. à la maison, un grand plat unique : tubercules en couronne, viande au centre, légumes-feuilles parsemés. Servez trÚs chaud.
Le pourquoiLe mumu est un plat de communauté : le geste du partage, régi par le wantok, compte autant que la cuisson.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
â Cette recette n'a jamais Ă©tĂ© testĂ©e par la communautĂ©. Soyez le premier Ă fermer la couronne.
L'aigir est le frĂšre cĂŽtier du mumu : mĂȘme four de terre, mais tournĂ© vers le lait de coco et le poisson des rivages de Papouasie.
Voir la recette âCousineLe lovo fidjien repose sur le mĂȘme principe de four souterrain Ă pierres chaudes, cĆur des grands festins iTaukei.
Voir la recette âCousineLe hÄngÄ« maori partage la fosse, les pierres brĂ»lantes et la vapeur emprisonnĂ©e : la version nĂ©o-zĂ©landaise de la cuisine enterrĂ©e du Pacifique.
Voir la recette âCousineLe kalua pig hawaĂŻen cuit le cochon entier dans l'imu, four de terre polynĂ©sien jumeau du mumu.
Voir la recette âCousineLe mumu de Papouasie-Nouvelle-GuinĂ©e est le cousin mĂ©lanĂ©sien par la mĂ©thode : tubercules, viande et lĂ©gumes enfouis dans le mĂȘme four de pierres enterrĂ©. Le lap-lap rĂąpe et lie sa pĂąte, le mumu cuit les aliments entiers.
Voir la recette âCousineLe mumu papou est le frĂšre mĂ©lanĂ©sien du bougna : mĂȘme fosse, mĂȘmes pierres chauffĂ©es, mĂȘmes tubercules et mĂȘme cochon enfouis sous la terre. La parentĂ© n'est pas une coĂŻncidence de technique mais un fond culturel commun Ă la MĂ©lanĂ©sie. La diffĂ©rence tient au liant : le bougna noie tout de lait de coco pressĂ©, le mumu s'en passe souvent.
Voir la recette âL'umu samoan prolonge la mĂȘme famille des fours de terre ocĂ©aniens, ici montĂ© au-dessus du sol avec des pierres volcaniques brĂ»lantes.
Pas encore dans l'AtlasSourcer ou se taire
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier Ă cuisiner cette recette.