vers 300 av. J.-C.
Premières cultures amérindiennes dans l'archipel
Les peuples arawaks (Saladoïdes) s'installent dans les îles caribéennes, incluant Saint-Vincent, apportant avec eux des pratiques agricoles fondées sur le manioc, le maïs, les ignames et le taro. Ces cultures vivrières constituaient la base d'une alimentation structurée, avec des techniques de cuisson sur braises et de fermentation documentées par les archéologues caribéens. Le manioc, transformé en cassave (pain plat), était l'aliment de base central de ces sociétés.
vers 1300
Arrivée des Kalinagos et héritage culinaire
Les Kalinagos, aussi appelés Caraïbes insulaires, s'établissent à Saint-Vincent et y développent une tradition culinaire riche fondée sur la pêche, la chasse et l'agriculture itinérante sur brûlis. Ils introduisent ou renforcent l'usage du piment, de la patate douce et des poissons grillés sur feux de bois, pratiques qui survivront à la colonisation. Saint-Vincent sera l'une des dernières îles des Petites Antilles à résister à la colonisation européenne, en partie grâce à la résistance kalinago.
1719
Colonisation britannique et plantations sucrières
La colonisation formelle de Saint-Vincent par les Britanniques en 1719 entraîne l'établissement de vastes plantations de canne à sucre reposant sur le travail d'esclaves africains déportés. Ces derniers apportent avec eux des savoirs culinaires d'Afrique de l'Ouest, notamment l'usage du gombo, des légumineuses et des techniques de cuisson en ragoût qui transformeront durablement la cuisine locale. Le rhum de canne, sous-produit de l'industrie sucrière, s'impose alors comme boisson emblématique de l'île.
1793
Bligh introduit le fruit à pain à Saint-Vincent
Le capitaine William Bligh débarque à Saint-Vincent des plants de fruit à pain (Artocarpus altilis) rapportés de Tahiti lors de son second voyage, après l'échec du Bounty de 1789. Introduit sur ordre du gouvernement britannique comme source d'alimentation bon marché pour les esclaves des plantations, le fruit à pain s'intègre si profondément dans la culture alimentaire locale qu'il devient aujourd'hui le symbole culinaire national par excellence. L'arbre planté lors de ce débarquement est commémoré dans le Jardin botanique de Kingstown, l'un des plus anciens des Amériques.
années 1960-1970
Essor de l'arrow-root et identité agricole nationale
Au cours du XXe siècle, Saint-Vincent s'impose comme le premier exportateur mondial d'arrow-root, représentant à son apogée plus de 90 % de la production mondiale de cette fécule prisée par l'industrie alimentaire et papetière. Cette hégémonie économique forge une identité agricole nationale forte, l'arrow-root étant cultivé par de nombreuses familles rurales comme culture de rente principale. Le déclin progressif de cette filière à partir des années 1970, concurrencée par la fécule de maïs, entraîne un recentrage de l'économie agricole vers la banane et le tourisme.