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Atlas Culinaire · Géorgie · Iméréthie
La mère des khachapuri : galette ronde et fine, plus de fromage que de farine, dorée des deux côtés sur un ketsi de terre cuite entre des feuilles de laurier-cerise
Le monde entier connaît la barque adjarienne et son jaune d'œuf. Les Géorgiens, eux, mangent celui-ci. L'Administration nationale du tourisme le dit sans détour : l'imérétien est la mère du khachapuri, le premier dans le cœur et dans l'esprit de la plupart des Géorgiens, et il n'y a pas de supra sans lui. Une écrivaine géorgienne de la diaspora le formule autrement, depuis Seattle : l'adjarien a pris internet d'assaut, l'imérétien est de très loin celui qu'on mange en Géorgie même.
PLUS DE FROMAGE QUE DE FARINE.
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Délayez la levure dans le petit-lait tiède et laissez la reprendre dix à quinze minutes. Ajoutez alors la farine et le sel, et pétrissez longuement jusqu'à une pâte souple, nettement plus molle que celle d'une pizza.
Le pourquoiLe petit-lait est le liquide qui reste quand on a fait le fromage. En Iméréthie on ne le jetait pas, on pétrissait la pâte avec : son acidité assouplit le gluten et son lactose nourrit la levure. C'est le liquide que donne la recette officielle, avant même l'eau. [Administration nationale du tourisme de Géorgie, recette officielle du khachapuri imérétien : 500 ml de petit-lait de fromage ou d'eau]
Couvrez d'un linge et laissez lever au chaud jusqu'au doublement. Divisez ensuite en quatre pâtons d'environ 250 g et repétrissez chacun brièvement, les mains enduites d'huile. Laissez les se détendre encore une quinzaine de minutes.
Le pourquoiCe second pétrissage à l'huile est le geste qui rend le khachapuri gonflé et moelleux. La recette officielle le dit sans détour : c'est ce qui garantit qu'il sera plus aérien. [Administration nationale du tourisme de Géorgie : séparer la pâte en boules et les repétrir avec de l'huile sur les mains, ce qui rend le khachapuri plus gonflé]
Émiettez le fromage à la main ou râpez le, ajoutez l'œuf et mélangez jusqu'à une masse homogène. Formez quatre boules de farce, une par pâton. Goûtez : si votre fromage est très salé, ne salez pas davantage, et pensez à le dessaler une heure à l'eau froide avant de l'émietter.
Le pourquoiLa pesée est le cœur du plat. La recette officielle demande 1,2 kg de fromage pour 1 kg de farine : il y a délibérément plus de garniture que de pâte. C'est ce déséquilibre qui fait l'imérétien, et non un assaisonnement. [Administration nationale du tourisme de Géorgie ; le fromage doit être imérétien, légèrement salé, un peu couinant et assez gras, au point qu'on l'appelle couramment le fromage à khachapuri]
Aplatissez un pâton en disque, posez la boule de fromage au centre, remontez les bords par dessus et pincez les pour refermer complètement. Retournez la boule soudure en dessous, puis aplatissez la doucement, du centre vers l'extérieur, jusqu'à un disque fin de vingt à vingt-cinq centimètres.
Le pourquoiRefermer d'abord puis aplatir ensuite est ce qui répartit le fromage dans toute la galette. Si vous garnissez un disque déjà fin, la farce reste au centre et les bords sont du pain vide. [Administration nationale du tourisme de Géorgie : envelopper le fromage, rabattre les bords en dessous, puis aplatir finement]
Faites chauffer fortement une poêle épaisse ou une plaque à sec, sans matière grasse. Posez la galette et laissez la brunir, puis RETOURNEZ la pour dorer l'autre face. Comptez quatre à six minutes par côté. Si vous cuisez au four, à 220 °C, ne la retournez pas.
Le pourquoiL'imérétien doit être doré des DEUX côtés, c'est un de ses critères de qualité. La poêle ne chauffe que par le dessous, d'où le retournement ; le four enveloppe la galette et fait le travail seul. [Administration nationale du tourisme de Géorgie : laisser brunir puis retourner pour brunir l'autre face, en précisant qu'au four il n'est pas nécessaire de retourner]
Sortez la galette, passez le beurre sur toute la surface brûlante et laissez la reposer un instant avant de couper.
Le pourquoiLe beurre posé sur une galette brûlante fond et pénètre la croûte au lieu de rester en surface. Et le court repos laisse le fromage se raffermir juste assez pour qu'il ne s'échappe pas à la première entaille. [Administration nationale du tourisme de Géorgie : étaler le beurre après cuisson et laisser reposer avant de couper]
Coupez la galette en quatre ou en six parts et servez la sans attendre, au centre de la table. On la mange à la main.
Le pourquoiC'est la découpe traditionnelle et la manière traditionnelle : quatre ou six parts, prises à la main. L'imérétien n'est pas une part individuelle, c'est une pièce qu'on partage au milieu de la supra. [Usage rapporté par les sources géorgiennes : à table on le coupe en quatre ou six morceaux et on le mange avec les doigts]
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La plus proche de toutes. Une source géorgienne l'écrit ainsi : le mégrélien ne diffère presque pas de l'imérétien. La différence tient en un geste, on étale par-dessus du fromage mêlé d'œuf et on passe au four. Les Mégréliennes remplacent parfois le fromage frais par du sulguni.
Voir la recette →CousineLe feuilleté, et sa fausse ancienneté. Une source géorgienne est nette : la technique de la pâte feuilletée est venue en Géorgie de la culture culinaire EUROPÉENNE. Le penovani est donc un emprunt tardif, aussi géorgien soit-il devenu dans les vitrines de Tbilissi.
Voir la recette →CousineLa même galette, garnie de haricot au lieu de fromage. Et le même soupçon de symbolisme : la source géorgienne qui suppose que le cercle du khachapuri figure le soleil range le lobiani et le kubdari dans la même hypothèse.
Voir la recette →VarianteL'aînée, et la plus connue de toutes. Le dictionnaire ethnographique de la culture matérielle géorgienne la désigne nommément comme la plus célèbre des khachapuri. Ronde, fermée, garnie du seul imeruli, elle est aussi celle que l'université d'État de Tbilissi utilise pour calculer l'indice khachapuri, l'indicateur d'inflation national.
Voir la recette →La tourte de Noël de Gourie est le même khachapuri, à deux détails près : on y ajoute des œufs durs grossièrement coupés, et on lui donne une forme de DEMI-LUNE au lieu du cercle. Pour le reste, la version gourienne ne diffère en rien de l'imérétienne.
Pas encore dans l'AtlasLe raccourci moderne, et sa date. La pâte se fait au BICARBONATE et au MATSONI au lieu de la levure et de l'eau. Une source géorgienne le date sans ambiguïté : il est entré à la mode au MILIEU DU XXᵉ SIÈCLE, et il doit sa popularité au fait qu'il se prépare très vite, sans attendre aucune pousse. Sa farce contient plus souvent de l'œuf, et certaines cuisinières y ajoutent du khacho gras pour casser le sel du fromage.
Pas encore dans l'AtlasLa signature de Svanétie : sur la farce au fromage on saupoudre du millet moulu ou des graines de chanvre. Le millet fonce le fromage et lui donne un arôme particulier. C'est la même galette, avec une poudre en plus que personne d'autre ne met.
Pas encore dans l'AtlasLa version des régions montagneuses : à côté du fromage entrent des feuilles de bette, de l'épinard ou de l'ortie, et de l'erbo. Ces khachapuri sont plus nourrissants et leur couche de pâte est plus fine que celle de l'imérétien. On en trouve jusqu'à Pasanauri, sur la route militaire.
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♛ COURONNE — ENLUMINURE V4 · or en attente du test
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