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Atlas Culinaire · Géorgie · Samegrelo (Mégrélie)
La jumelle de l'imérétienne, avec une couche de sulguni gratinée par-dessus : deux fromages, un seul pain, et le seul fromage géorgien dont le nom soit attesté au XVIIᵉ siècle
Entre l'imérétienne et la mégrélienne, il n'y a qu'une différence, et une source géorgienne la formule en une phrase : les deux se ressemblent énormément, la mégrélienne reçoit par-dessus un mélange de fromage râpé et d'œuf, et c'est ainsi qu'elle passe au four. Tout le reste est commun. Un seul geste, et le pain change de province.
UNE SEULE DIFFÉRENCE, ET ELLE EST SUR LE DESSUS.
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Mêlez le lait et l'eau tièdes, ajoutez le sel et la levure, puis le beurre fondu et le jaune d'œuf. Versez sur la farine et pétrissez, les mains mouillées d'huile. Vous cherchez une pâte tendre qui colle légèrement aux doigts pendant le travail.
Le pourquoiUne source géorgienne le pose comme critère et non comme défaut : la pâte doit être tendre et coller à la main pendant qu'on la pétrit. La vieille recette disait la même chose autrement, elle devait être indiscutablement molle. C'est cette mollesse qui donnera le moelleux sous la croûte de sulguni. [Recettes natives géorgiennes et fiche officielle de l'Administration nationale du tourisme sur le khachapuri mégrélien]
Couvrez d'un linge et laissez lever au chaud jusqu'au doublement, comptez une bonne heure. Si vous venez d'égoutter un fromage frais, remplacez tout ou partie du lait par le petit-lait recueilli.
Le pourquoiLa vieille recette mégrélienne ne pétrissait qu'au lait ou au petit-lait resté après la fabrication du fromage, avec un peu de sel et d'huile, et se levait au levain. Rien ne se perdait dans une région qui vivait de ses bêtes. [Administration nationale du tourisme de Géorgie, ancienne recette du khachapuri mégrélien : pâte pétrie au lait ou au petit-lait de fromage, levée au levain, prête après trente à quarante minutes]
Râpez ou écrasez à la main le fromage frais, ajoutez l'œuf entier et mélangez. Divisez en quatre ou cinq boules, autant que de pâtons.
Le pourquoiLe rapport est le même que pour l'imérétienne, et il surprend toujours : il faut à peu près 1,2 kg de fromage pour 1 kg de farine, donc plus de garniture que de pâte. Un khachapuri mégrélien est un pain qui porte du fromage, pas un pain garni de fromage. [Recette native géorgienne : 1,2 kg de fromage râpé pour 1 kg de farine dans la farce, plus 600 g de sulguni pour le dessus]
Divisez la pâte en autant de pâtons que de boules de farce. Aplatissez un pâton, posez la boule au centre, remontez les bords et refermez complètement. Retournez soudure en dessous et aplatissez doucement en un disque régulier, plus épais que pour l'imérétienne.
Le pourquoiOn referme d'abord et on aplatit ensuite, pour que le fromage se répartisse jusqu'aux bords. Et on garde un peu plus d'épaisseur ici, parce que cette galette devra porter en plus tout le poids du manteau de sulguni. [Recettes natives géorgiennes : enfermer le fromage dans chaque pâton, refermer, puis aplatir]
Râpez le sulguni, mêlez le aux jaunes d'œufs et à la cuillère de lait, puis étalez ce mélange sur toute la surface du khachapuri, jusqu'au bord.
Le pourquoiC'est l'unique différence avec l'imérétienne, et elle est là. Les jaunes ne servent pas à dorer, ils LIENT le sulguni râpé pour qu'il forme une croûte solidaire au lieu de fondre en flaques séparées. [Source géorgienne : la mégrélienne et l'imérétienne se ressemblent beaucoup, la différence principale est qu'on étale par-dessus un mélange de fromage râpé et d'œuf et qu'on la cuit ainsi au four]
Enfournez à 220 °C sur une plaque légèrement farinée et laissez cuire une quinzaine de minutes, jusqu'à ce que le manteau soit doré et boursouflé par endroits.
Le pourquoiLa chaleur vive dore le sulguni avant que la galette ne sèche. C'est aussi pourquoi la mégrélienne passe au four et non à la poêle : il faut que la chaleur vienne d'en haut pour gratiner le dessus. [Recettes natives géorgiennes et fiche officielle : cuisson au four entre 200 et 220 °C, environ quinze minutes]
À la sortie du four, posez la noix de beurre sur le dessus brûlant et laissez reposer cinq minutes avant de couper. Servez au centre de la table, en parts.
Le pourquoiLe repos est prescrit par la recette officielle, et il a une raison : le fromage de la farce est encore liquide à la sortie. Cinq minutes suffisent à le laisser prendre assez pour qu'il ne s'échappe pas à la première entaille. [Administration nationale du tourisme de Géorgie : poser le beurre restant après cuisson, sortir, et laisser refroidir cinq minutes avant de couper]
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Le fromage qui fait tout le dessus, et qui a ses papiers. Le caillé à sulguni est cuit DEUX FOIS : la seconde cuisson le rend moins gras, lui fait prendre le sel avec mesure, et le feuillette. Les Mégréliens jugent sa qualité à ce caractère multi-feuillets. Trois indications géographiques enregistrées à Sakpatenti le 24 janvier 2012, sulguni, sulguni mégrélien et sulguni svane ; le mégrélien peut se faire au lait de vache, de bufflonne ou de chèvre, ou d'un mélange.
Voir la recette →CousineL'autre grand plat au sulguni de Samegrelo. Là où le khachapuri met le fromage sur un pain, l'elarji le fond dans la bouillie de ghomi jusqu'à obtenir une masse filante qu'on tire à la cuillère. Deux façons mégréliennes de mettre le même fromage au centre du repas.
Voir la recette →CousineL'autre plat qui porte le nom de la province. Le kharcho mégrélien n'a rien de commun avec le khachapuri sinon l'adjectif, et il rappelle utilement que « megruli » désigne une manière de faire propre à Samegrelo, pas une recette unique.
Voir la recette →VarianteLa mégrélienne : même rondeur que l'imeruli, mais une seconde couche de fromage étalée SUR le dessus et gratinée. Là où l'adjarienne ouvre sa barque, la mégrélienne se couvre.
Voir la recette →VarianteLa plus proche de toutes. Une source géorgienne l'écrit ainsi : le mégrélien ne diffère presque pas de l'imérétien. La différence tient en un geste, on étale par-dessus du fromage mêlé d'œuf et on passe au four. Les Mégréliennes remplacent parfois le fromage frais par du sulguni.
Voir la recette →La version d'avant les fours, consignée par l'Administration nationale du tourisme. Pâte pétrie au lait ou au PETIT-LAIT de fromage, levée au levain, travaillée dans un NISORI, la jatte mégrélienne réservée aux pâtisseries. Entre la farce et le sulguni du dessus venait une SECONDE COUCHE DE PÂTE, le GHANDA, que plus personne ne fait. Cuisson sur un ANGORA, grand plat couvert posé sur un lit de feuilles de laurier-cerise, recouvert de fer-blanc, braises tout autour.
Pas encore dans l'AtlasLa face sacrée du fromage. Les bouviers d'autrefois tressaient le sulguni en animaux, en oiseaux et en figures sacrées, geste que Sakpatenti relie à des cultes d'idoles : offrandes à la divinité du bétail pour la maison et l'abondance, objets pour commémorer les morts. La tradition vit encore en Samegrelo, où l'on trouve des coupes, des bougies et des décorations faites de sulguni, surtout fumé. Le fumé se reconnaît à sa croûte doré-brunâtre et à son goût piquant.
Pas encore dans l'AtlasLe troisième sulguni. Enregistré à Sakpatenti le même jour que les deux autres, le 24 janvier 2012. Il vient des mêmes estives : Mégréliens et Svanes passaient l'été en montagne avec leurs bêtes et y fabriquaient ce fromage, ce qui explique qu'une seule technique ait donné naissance à trois appellations distinctes de part et d'autre de la crête.
Pas encore dans l'AtlasSourcer ou se taire
♛ COURONNE — ENLUMINURE V4 · or en attente du test
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