Chargement de l’atlas
Atlas Culinaire · Philippines · Luzon
Le hachis de face de porc d'Angeles City, protégé par une ordonnance municipale : bouilli, grillé au charbon, haché au couteau, servi crépitant
Le sisig a trois âges, et le premier ne ressemble en rien à ce qu'on mange aujourd'hui.
LE SISIG SE HACHE AU COUTEAU, ET LA CHAIR VIENT DE LA FACE.
✦ Choisissez votre école ✦
Le sisig d'Aling Lucing : la face de porc bouillie, grillée au charbon, hachée au couteau, liée au foie de poulet et servie crépitante sur plaque de fonte. C'est celui que le monde connaît.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Demandez à votre boucher une demi-tête de porc, ou à défaut des joues, des oreilles et le groin. Rasez au chalumeau ou à la flamme les poils qui restent, grattez et rincez à grande eau.
Le pourquoiLe sisig tient tout entier sur le contraste de textures : le gélatineux de l'oreille, le fondant de la joue, le croustillant de la couenne. La poitrine seule, plus douce et plus grasse, donne un plat monotone qui a perdu la moitié de son intérêt. [Lalaine Manalo, Kawaling Pinoy (face de porc : groin, oreilles, joues)]
Mettez la face de porc dans une grande casserole avec le vinaigre, la sauce soja, l'ail écrasé, le poivre en grains, le laurier et de l'eau à hauteur. Portez à frémissement et laissez cuire cinquante à soixante minutes, jusqu'à ce qu'une brochette traverse l'oreille sans forcer.
Le pourquoiLa chair de la face est bourrée de collagène : sans cette heure de cuisson douce, elle reste caoutchouteuse, et aucune grillade ne la rattrapera ensuite. [Lalaine Manalo, Kawaling Pinoy (50 à 60 minutes) ; Vanjo Merano, Panlasang Pinoy (une heure)]
Égouttez, séchez, puis grillez les morceaux au charbon sept à dix minutes par face, jusqu'à ce que la peau cloque, dore et noircisse par endroits. Ces endroits-là ne sont pas ratés : c'est exactement l'accident qui a donné le sisig moderne.
Le pourquoiAling Lucing a inventé ce plat en refusant de jeter une oreille oubliée sur les braises. Le goût du charbon sur une chair déjà cuite est la signature du sisig, pas un défaut. [Kapampangan Media, récit d'Aling Lucing à l'émission Kapuso Mo, Jessica Soho]
Laissez tiédir dix minutes, puis hachez au couteau lourd, sur une planche solide, jusqu'à obtenir des morceaux de la taille d'un dé à jouer. Le bruit du couperet sur la planche est le son du sisig.
Le pourquoiLe robot écrase et rend la chair pâteuse ; le couteau tranche et laisse à chaque morceau sa peau, son gras et son cartilage. C'est cette irrégularité qui fait la bouchée.
Grillez les foies de volaille, écrasez-les à la fourchette et mélangez-les au hachis avec l'oignon rouge cru, les piments et le jus de calamansi. Goûtez et rectifiez.
Le pourquoiLe foie est le liant historique du plat : il apporte l'onctuosité et une profondeur presque métallique qui tient tête au gras. C'est précisément lui que la mayonnaise des chaînes de Manille cherche à imiter en raccourci. [GMA News (l'œuf et la mayonnaise sont un raccourci pour imiter le foie) ; Vanjo Merano, Panlasang Pinoy]
Chauffez une plaque de fonte jusqu'à ce qu'une goutte d'eau y danse. Jetez-y le beurre, puis le hachis, pressez-le contre le métal et portez immédiatement à table pendant que ça crépite. Un quartier de calamansi à presser dessus, et rien d'autre.
Le pourquoiLe contact avec le métal surchauffé recroqueville et recroustille les bords au dernier moment. Le crépitement n'est pas un effet de scène : c'est la dernière cuisson, celle qui se fait devant le convive. [Claude Tayag, Positively Filipino (la plaque chaude attribuée à Benedict Pamintuan, dit Sisig Benedict)]
Le sisig se mange à plusieurs, au centre de la table, avec du riz ou seulement de la bière. Chacun presse son calamansi et ajoute son piment. C'est un plat de conversation.
Le pourquoiAnthony Bourdain l'avait résumé après l'avoir goûté chez Aling Lucing : « It's exactly what you need after a few beers and that's a perfect food. » C'est un pulutan, une nourriture de buveurs, et le nier serait le trahir. [Esquire Philippines, 10 juin 2017 (World Street Food Congress)]
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
♔ Cette recette n'a jamais été testée par la communauté. Soyez le premier à fermer la couronne.
Le cousin ilocano, et le plus proche parent du sisig : même face de porc bouillie puis grillée, même hachis, mais liée à la cervelle ou à la mayonnaise et acidulée au vinaigre de canne.
Voir la recette →CousineL'ancêtre du sisig est plus proche du kinilaw que du plat brûlant d'aujourd'hui : en 1732, le mot désignait une salade acidulée au vinaigre, pas un hachis grillé.
Voir la recette →CousineMême obsession philippine du croustillant de la couenne, autre méthode : le crispy pata bout puis frit, le sisig bout puis grille.
Voir la recette →CousineLe lechon kawali répond à la même question que le sisig : que faire d'un morceau de porc riche en couenne pour qu'il croustille sans se dessécher.
Voir la recette →CousineL'autre grand plat né des morceaux dont personne ne voulait, grillé au charbon et trempé dans le vinaigre : l'isaw et le sisig sont les deux enfants de la même économie de rue.
Voir la recette →CousineLe bout de la chaîne. À Pampanga, ce sont les têtes de porc, dont celles des lechons, qui ont donné naissance au sisig : la logique du rien ne se perd, poussée jusqu''à créer un plat national.
Voir la recette →Sourcer ou se taire
♛ COURONNE — ENLUMINURE V4 · or en attente du test
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à cuisiner cette recette.