Chargement de lâatlas
Atlas Culinaire · Madagascar · Afrique
Le pois de terre des Hautes-Terres, laoka du quotidien et mémoire des sept mets royaux merina
Sous la terre rouge des Hautes-Terres pousse une graine qui ne ressemble à rien d'autre : le voanjobory, le pois bambara (Vigna subterranea), une légumineuse hypogée venue d'Afrique de l'Ouest et naturalisée à Madagascar depuis longtemps. Ne le confondez pas avec le voanjo, l'arachide : le voanjobory est rond, ivoire taché de brun, et sa chair cuite a quelque chose d'unique, entre le haricot et la chùtaigne, avec une peau qui résiste doucement sous la dent.
Deux lignes de partage traversent ce plat.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Rincez soigneusement les voanjobory secs et couvrez-les de quatre volumes d'eau froide. Laissez tremper 12 heures au minimum, 24 heures pour des pois trĂšs secs, jusqu'Ă 48 heures pour certains voanjobory maina de marchĂ©. Ăgouttez et rincez avant utilisation.
Le pourquoiLe pois bambara mĂ»rit sous terre et se protĂšge d'une coque Ă©paisse : seule une longue rĂ©hydratation permet Ă l'eau d'atteindre le cĆur du grain, condition d'une cuisson uniforme et d'une chair fondante.
Ăgouttez et rincez les voanjobory trempĂ©s. Placez-les dans une cocotte, couvrez-les d'eau froide non salĂ©e, portez Ă Ă©bullition et Ă©cumez. Maintenez ensuite un frĂ©missement doux 20 Ă 25 minutes : les pois doivent ĂȘtre amorcĂ©s, pas cuits. Ăgouttez.
Le pourquoiCette premiÚre eau emporte l'écume et les impuretés de la coque : c'est elle qui garantit un bouillon final clair et net, au lieu d'un jus gris et trouble.
Dans un faitout à fond épais, chauffez l'huile à feu moyen. Faites revenir les oignons émincés 6 à 8 minutes jusqu'à une légÚre coloration dorée. Ajoutez l'ail pilé et le gingembre (sakamalao) rùpé, laissez cuire 1 minute en remuant, puis incorporez les tomates concassées si vous en utilisez et laissez compoter 4 à 5 minutes.
Le pourquoiL'oignon doré construit le fond sucré du bouillon ; l'ail et le gingembre, ajoutés en dernier et briÚvement, libÚrent leurs arÎmes sans brûler ; la tomate compotée fond les trois en une seule base.
Ajoutez les voanjobory pré-cuits et égouttés dans la base aromatique. Couvrez de 800 ml d'eau chaude, portez à ébullition, puis réduisez à feu doux, couvrez et laissez mijoter 45 à 60 minutes. Vérifiez le niveau toutes les 15 minutes : le bouillon doit rester présent, ni à sec ni noyé.
Le pourquoiC'est le frĂ©missement doux qui fait tout : il attendrit le cĆur du grain sans faire Ă©clater la coque, et laisse le bouillon se charger lentement des sucs aromatiques.
Ăcrasez une petite partie des pois Ă la cuillĂšre contre la paroi de la cocotte pour lier le bouillon. Salez gĂ©nĂ©reusement, poivrez en toute fin de cuisson. Si vous en avez, donnez quelques tours de moulin de voatsiperifery, le poivre sauvage malgache, directement dans le plat.
Le pourquoiL'amidon libĂ©rĂ© par les pois Ă©crasĂ©s Ă©paissit naturellement le bouillon en une sauce crĂ©meuse, sans farine ni liaison ajoutĂ©e â c'est le pois lui-mĂȘme qui fait la sauce.
Servez le voanjobory bien chaud, versé sur le vary (riz blanc vapeur) : le bouillon doit napper le riz. Proposez à cÎté un lasary (achard de légumes) ou une salade de tomates fraßches pour la vivacité, et un verre de ranovola, l'eau de riz grillé, en boisson de table.
Le pourquoiLe voanjobory est un laoka : dans la logique du vary sy laoka, c'est le bouillon versé sur le riz qui fait le repas, pas le pois servi seul.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
â Cette recette n'a jamais Ă©tĂ© testĂ©e par la communautĂ©. Soyez le premier Ă fermer la couronne.
Le versant rĂ©unionnais du mĂȘme geste transĂźle : des pois du Cap fricassĂ©s servis sur le riz. Le pois du Cap lui-mĂȘme porte un nom malgache, kabaro, tĂ©moin des allers-retours de graines entre la Grande Ăle et les Mascareignes.
Voir la recette âCousineLa cousine mauricienne du laoka de lĂ©gumineuses : Ă Maurice, le gros pois (le kabaro malgache, Phaseolus lunatus) mijote en cari et se sert sur le riz, exactement comme le voanjobory nappe le vary sur les Hautes-Terres. Deux graines diffĂ©rentes, une mĂȘme grammaire crĂ©ole du grain mijotĂ©.
Voir la recette âVarianteLe mĂȘme pois, enrichi de porc : c'est la forme d'apparat du voanjobory, celle que la tradition orale merina range parmi les hanim-pito loha, les sept mets royaux. Le bouillon pur de cette fiche en est la version maigre du quotidien.
Voir la recette âCousineL'autre grand laoka de lĂ©gumineuses des Hautes-Terres : mĂȘme logique de grains mijotĂ©s dans une base oignon-ail-gingembre-tomate, mĂȘme service versĂ© sur le vary, seule la graine change.
Voir la recette âLe pois bambara est originaire d'Afrique de l'Ouest, oĂč il nourrit d'autres traditions : au Nigeria, sa farine devient l'okpa, un pudding vapeur populaire. MĂȘme graine, deux continents, deux destins culinaires.
Pas encore dans l'AtlasSourcer ou se taire
â COURONNE â PAGE MAĂTRESSE · or en attente du test
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier Ă cuisiner cette recette.