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Europe · La carte du patrimoineĂ Sarajevo, le Äevap se sert par dix, bĂątonnets de bĆuf de six Ă dix centimĂštres glissĂ©s dans le somun, pain que l'on garde sec. Ă Banja Luka, on le soude en plaques de quatre doigts et l'on trempe la lepinja dans le gras de cuisson. Deux Ă©coles, deux capitales, une querelle nationale, que complique encore la Serbie voisine, qui revendique la paternitĂ© d'un plat nĂ© au XIXe siĂšcle et devenu, malgrĂ© elle, l'emblĂšme bosnien.
Ici, le mot burek ne dĂ©signe que la pita Ă la viande ; au fromage elle devient sirnica, aux Ă©pinards zeljanica, Ă la pomme de terre krompiruĆĄa, et confondre ces noms passe pour une faute grave. Alija LakiĆĄiÄ a consignĂ© cet hĂ©ritage dans son Bosanski kuhar, somme publiĂ©e Ă Sarajevo en 1975. Reste le cafĂ©, servi dans la dĆŸezva de cuivre : la Turquie a fait inscrire le sien Ă l'UNESCO en 2013, la Bosnie n'a rien dĂ©posĂ©. Elle le boit, elle ne le plaide pas.
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