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Atlas Culinaire · Maurice · Afrique
La banane bien mûre écrasée à la fourchette dans une pâte à la vanille, frite à la cuillère jusqu'au doré — le goûter lontan que toute l'île mange brûlant, de la cuisine familiale au sachet du marchand de rue
À Maurice, le gato banane commence presque toujours par la même scène : quelques bananes trop mûres qui noircissent dans la corbeille, et une mère qui refuse de les jeter. Écrasées à la fourchette, mêlées de farine, de sucre et d'un souffle de vanille, elles renaissent en beignets dorés qui gonflent dans l'huile chaude et embaument la maison à l'heure du thé. C'est le goûter lontan par excellence, préparé dans presque chaque foyer de l'île, mais aussi vendu chaud, en sachet de papier, par les marchands ambulants à la sortie des écoles et le long des routes côtières. Le geste appartient à une grande famille de l'océan Indien : La Réunion fait ses beignets de banane, les Seychelles leur gato bannann, et la même friture de banane se retrouve du Kerala à l'Asie du Sud-Est — écho des cuisines venues avec les engagés indiens, créolisées ici en une gourmandise toute simple : croustillante dehors, fondante dedans, avec ces petites poches de banane chaude qui font tout son charme. Vous la mangerez debout, brûlante, et vous comprendrez pourquoi personne à Maurice ne jette une banane mûre.
Deux petits débats traversent les cuisines mauriciennes.
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Pelez des bananes très mûres, presque noires. Écrasez-les grossièrement à la fourchette : on cherche une purée irrégulière avec encore de petits morceaux, pas une crème lisse. Ces morceaux de banane sont la signature du gato banane.
Le pourquoiUne banane très mûre apporte à la fois le sucre, le parfum et l'humidité de la pâte ; les morceaux laissés entiers créent des poches de fruit fondant au cœur du beignet frit.
Mélangez la farine, le sucre, une pincée de sel et le bicarbonate (ou la levure chimique), avec un trait de vanille si vous aimez. Incorporez les bananes écrasées, puis détendez progressivement avec un peu d'eau froide ou de lait, jusqu'à une pâte épaisse qui tombe de la cuillère sans couler — entre pâte à gaufre et pâte à crêpe épaisse. Ne travaillez pas trop la pâte.
Le pourquoiLe bicarbonate libère ses bulles au contact de l'huile chaude et fait gonfler le beignet ; trop mélanger développe le gluten de la farine et donne un beignet caoutchouteux au lieu de moelleux.
Chauffez un bain d'huile à environ 180 °C. Déposez des cuillerées à soupe de pâte dans l'huile, sans surcharger le bain. Laissez frire 3 à 4 minutes en retournant une fois, jusqu'à ce que les beignets soient dorés des deux côtés. Ils gonflent et remontent à la surface. Égouttez sur du papier absorbant.
Le pourquoiÀ 180 °C, la croûte se forme assez vite pour que le beignet ne s'imbibe pas, mais assez lentement pour que le cœur, humide de banane, ait le temps de cuire avant que l'extérieur ne brunisse.
Servez les gato banane chauds, dans le quart d'heure qui suit la friture. Saupoudrez-les, si vous voulez, de sucre ou de noix de coco râpée à la sortie de l'huile, ou servez-les nature avec le thé — comme chez les marchands de rue, qui les vendent dans un sachet de papier.
Le pourquoiLe croustillant est fugace : la vapeur enfermée au cœur du beignet ramollit la croûte en refroidissant. C'est un plaisir de l'instant, pas un gâteau de garde.
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Autre gato sucré frit de la rue mauricienne, vendu chaud en sachet comme le gato banane : pâte dorée à l'huile, ici roulée au sésame — deux visages du gajak sucré de l'île.
Voir la recette →VarianteLe même beignet de banane écrasée frit à la cuillère, de l'autre côté du canal : le frère réunionnais du gato banane, goûter lontan des deux îles sœurs, avec le même geste anti-gaspillage des bananes trop mûres.
Voir la recette →CousineLa même famille des gato doux mauriciens du goûter : un produit sucré du jardin transformé en gourmandise, patate douce et coco d'un côté, banane frite de l'autre.
Voir la recette →CousineTissage transîle : à Maurice comme à Madagascar, la banane est la matière première du goûter sucré créole de l'océan Indien, gâteau doré là-bas, tronçons au lait de coco vanillé ici.
Voir la recette →CousineCousin transîle mauricien : même geste de la banane très mûre écrasée et liée en pâte sucrée, dans la même aire créole de l'océan Indien — mais cuit en gâteau, sans feuille de bananier ni vapeur.
Voir la recette →CousineLe gâteau-beignet de banane mauricien joue la même partition — banane écrasée, pâte, friture — proche de la variante malgache où le fruit est incorporé écrasé dans l'appareil plutôt que trempé en morceaux.
Voir la recette →CousineTissage transîle : à Maurice comme à Madagascar, la banane bien mûre écrasée devient gâteau du goûter. Le gato banane mauricien passe au four ou à la poêle, le mofo ravina à la vapeur dans sa feuille, mais le réflexe créole est le même — sucrer le quotidien avec la banane trop mûre.
Voir la recette →CousineD'une île sœur à l'autre : Maurice tire de la même banane très mûre son gato banane, gâteau moelleux de tradition créole, quand Madagascar la lie de farine de riz et d'arachides et la cuit en feuille de bananier. Deux réponses insulaires à la même abondance de bananes.
Voir la recette →Aux Seychelles, le même gato bannann créole : banane mûre écrasée dans une pâte de farine, frite en beignets dorés — troisième pointe du triangle créole de l'océan Indien avec Maurice et La Réunion.
Pas encore dans l'AtlasLa friture de banane du sud de l'Inde, servie avec le thé comme à Maurice : banane mûre enrobée de pâte de farine et frite — un ancêtre plausible du gato banane, arrivé dans les bagages culinaires des engagés.
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