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Atlas Culinaire · Maurice · Cuisine sino-mauricienne
Boules de riz gluant au cœur coco-sucre, roulées dans le sésame et frites jusqu'à l'or sombre — le jian dui cantonais devenu douceur créole des marchés mauriciens
Sous le crépitement de l'huile, une petite boule ivoire plonge, coule, puis remonte en se gonflant d'or : le gato zinzli, « gâteau sésame » en créole mauricien, est l'un des plus vieux voyageurs de la cuisine de l'île. Son ancêtre, le jian dui, se dégustait déjà à la cour des Tang, à Chang'an, sous le nom de lüdui, avant de suivre les migrations vers le sud de la Chine et de devenir une friandise emblématique du Guangdong. C'est dans les bagages des migrants chinois qu'il traverse l'océan Indien : les Cantonais d'abord, venus de Canton dès la fin du XVIIIe siècle, puis les Hakka, arrivés les derniers depuis la région de Meixian et devenus majoritaires seulement à la fin du XIXe siècle. Chez les Sino-Mauriciens, il garde son rang de douceur du Nouvel An chinois : ronde, dorée, la boule qui gonfle à la friture porte bonheur. Mais depuis longtemps, il appartient à toute l'île — on l'achète sur les étals et dans les boutiks, on le sert au goûter avec un thé bien chaud, et les Mauriciens en parlent comme d'une douceur d'enfance. Sous la croûte de sésame qui croque, la pâte de riz gluant reste moelleuse, presque étirable, et le cœur de coco râpée au sucre roux fond en sirop tiède. Mangez-le tiède : c'est là qu'il raconte le mieux son double héritage, chinois par le geste, créole par le sucre de canne.
Deux écoles se disputent la pâte du gato zinzli.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Mélangez la noix de coco râpée avec le sucre roux et la vanille dans un bol. Malaxez bien jusqu'à ce que le sucre s'incorpore à la coco — le mélange doit être humide et légèrement compact, capable de former des billes. Réservez au réfrigérateur 30 minutes pour raffermir.
Le pourquoiLe froid fige le mélange coco-sucre : des billes fermes se placent au centre de la pâte sans s'émietter ni détremper l'enveloppe, et la soudure tient mieux à la friture.
Dans un grand bol, mélangez la farine de riz gluant et le sucre. Ajoutez l'eau tiède progressivement en mélangeant — cherchez une pâte souple, non collante, que l'on peut former en boule. Pétrissez légèrement 2 à 3 minutes. La pâte doit être douce comme de l'argile.
Le pourquoiLa farine de riz gluant ne contient pas de gluten : c'est l'hydratation progressive à l'eau tiède qui lie l'amidon et donne ce moelleux élastique, presque étirable, signature du gato zinzli.
Humectez vos mains. Prélevez une noix de pâte, aplatissez-la en disque épais. Placez au centre une cuillère à café de fourrage. Refermez la pâte autour du fourrage en pinçant bien les bords, puis roulez entre les paumes pour former une boule bien ronde. Répétez pour toutes les boulettes.
Le pourquoiLa moindre fissure devient une brèche à la friture : le sucre du fourrage fond, s'échappe et brûle dans l'huile pendant que la boule se dégonfle. La soudure est le geste qui décide de tout.
Versez les graines de sésame dans une assiette creuse. Roulez chaque boulette dans les graines en pressant légèrement pour les faire adhérer sur toute la surface — aucun blanc de pâte ne doit rester apparent. Disposez sur un plateau fariné.
Le pourquoiPressées dans la pâte encore humide, les graines s'ancrent en surface : c'est cette armure de sésame qui, à la friture, devient la croûte croquante et parfumée qui donne son nom au gâteau.
Chauffez l'huile à 175 °C (thermomètre à friture recommandé). Plongez les boulettes par lots de 4 à 5 : elles coulent d'abord, puis remontent à la surface en gonflant légèrement. Faites frire 5 à 6 minutes en les retournant souvent pour une dorure uniforme — le sésame doit prendre une teinte dorée foncée. Égouttez sur du papier absorbant.
Le pourquoiÀ 175 °C, la chaleur est assez vive pour faire gonfler la boule et dorer le sésame, mais assez douce pour cuire la pâte de riz gluant à cœur : c'est cet équilibre qui donne l'extérieur croquant et l'intérieur moelleux.
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Le cœur du zinzli, c'est un gato coco miniature : la même alliance coco râpée-sucre qui, seule et moulée, devient la confiserie des boutiks. Deux déclinaisons du même couple coco-sucre de canne, l'une nue, l'autre cachée sous le riz gluant et le sésame.
Voir la recette →CousineLes deux grandes douceurs de friture mauriciennes partagent le même cœur : la coco râpée sucrée enfermée dans une pâte avant cuisson. Le gâteau patate l'enveloppe d'une pâte de patate douce en chausson, le zinzli d'une boule de riz gluant sous croûte de sésame — deux héritages (indien et chinois) qui se répondent sur les mêmes étals, et la patate douce se glisse d'ailleurs souvent dans la pâte du zinzli.
Voir la recette →CousineMême lignée sino-mauricienne, même geste de la boulette façonnée à la main et farcie — mais sur le versant salé et vapeur. Le niouk yen et le gato zinzli racontent ensemble ce que les Hakkas et Cantonais arrivés à la fin du XVIIIe siècle ont donné à la cuisine de rue de l'île : la boulette, en version repas et en version douceur.
Voir la recette →CousineAutre gato sucré frit de la rue mauricienne, vendu chaud en sachet comme le gato banane : pâte dorée à l'huile, ici roulée au sésame — deux visages du gajak sucré de l'île.
Voir la recette →CousineÉcho transîle : la boule de pâte frite sucrée au sésame de la street-food sino-mauricienne, même geste de la boule dorée dans l'huile de l'autre côté de l'océan Indien.
Voir la recette →CousineTissage transîle : à Maurice, le gato zinzli est lui aussi une petite friture sucrée à base de farine de riz, vendue en douceur de rue. Deux expressions insulaires de la même famille des beignets de riz de l'océan Indien.
Voir la recette →Le gato zinzli est le jian dui cantonais passé au créole : même pâte de riz gluant, même enrobage de sésame, même friture qui fait gonfler la boule. L'ancêtre remonte au lüdui de la cour des Tang à Chang'an, et le plat a voyagé jusqu'à Maurice avec les migrants de Guangzhou et du Guangdong ; à Maurice le fourrage coco-sucre de canne a souvent remplacé les pâtes de lotus ou de haricot rouge.
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