Chargement de lâatlas
Atlas Culinaire · Maurice · Afrique
La friandise coco des boutiques de quartier : coco rùpée cuite dans un sirop de sucre jusqu'à prise, façonnée en petits tas roses, blancs ou verts, le bonbon de l'enfance mauricienne, croquant dehors, moelleux dedans.
Sur une Ăźle bĂątie par la canne, le sucre n'a jamais Ă©tĂ© un luxe, et la coco pousse au bord des chemins. De cette rencontre est nĂ© le gato coco, la plus simple et la plus tenace des douceurs mauriciennes : de la chair de coco fraĂźchement rĂąpĂ©e, un sirop de sucre qu'on laisse boire jusqu'Ă la derniĂšre goutte, et des petits tas posĂ©s Ă la cuillĂšre qui prennent en refroidissant. Ne vous fiez pas au nom : en crĂ©ole mauricien, « gato » dĂ©signe aussi bien le beignet salĂ© que la confiserie, et celui-ci n'a rien d'un gĂąteau moelleux. C'est un bonbon dense, Ă la coque qui croque et au cĆur qui cĂšde, vendu pour quelques roupies dans les boutiques de quartier, ces petites Ă©piceries familiales dont la vitrine alignait les tas roses, blancs, verts ou chocolat, chacun sa couleur, chacun son parfum : vanille, pistache, fraise, cacao. Des gĂ©nĂ©rations de Mauriciens y reconnaissent le goĂ»t du chemin de l'Ă©cole. La friandise ne s'arrĂȘte d'ailleurs pas au lagon : La RĂ©union et Madagascar la connaissent sous le nom de bonbon coco, preuve que dans tout l'ocĂ©an Indien crĂ©ole, coco rĂąpĂ©e et sirop de sucre parlent la mĂȘme langue.
Trois débats entourent le gato coco.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Si vous partez d'une noix de coco fraĂźche, cassez-la, extrayez la chair, retirez la fine peau brune et rĂąpez la pulpe au plus gros cĂŽtĂ© de la rĂąpe. Si vous utilisez de la coco dĂ©shydratĂ©e, pesez-la simplement. Recouvrez une plaque de papier sulfurisĂ© pour façonner et faire prendre les tas, et prĂ©parez les colorants dans de petits bols si vous voulez plusieurs couleurs. Tout doit ĂȘtre prĂȘt avant de lancer le sirop, car le façonnage se fera Ă chaud et vite.
Le pourquoiLa coco fraßche apporte les huiles parfumées et le moelleux qui font toute la qualité de la friandise, et la masse coco-sucre ne se travaille que chaude : chaque minute perdue à chercher un bol pendant qu'elle refroidit se paie au façonnage.
Dans une casserole à fond épais, sur feu moyen, réunissez l'eau et le sucre. Remuez jusqu'à dissolution complÚte, puis laissez le sirop épaissir en tournant de temps en temps. Il doit devenir légÚrement filant, signe qu'il a assez réduit pour lier la coco, mais sans jamais colorer ni caraméliser. Ajoutez la vanille (et la cardamome ou le zeste si vous en mettez) en fin de sirop pour préserver leur parfum.
Le pourquoiLe sirop est le ciment de la confiserie : trop liquide, les tas s'étalent ; poussé jusqu'au caramel, le sucre brunit et la friandise devient dure et collante au lieu de rester blanche et souple sous la dent.
Versez la coco rĂąpĂ©e dans le sirop et mĂ©langez pour bien l'enrober. Cuisez Ă feu moyen en remuant sans arrĂȘt jusqu'Ă absorption complĂšte du sirop, environ 6 Ă 7 minutes : le mĂ©lange Ă©paissit, devient brillant et collant, puis commence Ă se dĂ©tacher du fond de la casserole. Ă ce point, la masse tient ensemble et est prĂȘte Ă façonner. Pour plusieurs couleurs, divisez la masse chaude en portions et incorporez rapidement un colorant diffĂ©rent dans chacune.
Le pourquoiC'est l'absorption qui décide de tout : chaque brin de coco doit se gainer de sucre pour que les tas se soudent en refroidissant. Du sirop resté libre, et les bonbons s'affaissent au lieu de prendre.
Hors du feu, à l'aide de deux cuillÚres ou des mains légÚrement humidifiées pour ne pas vous brûler, déposez de petits tas ou façonnez de petites boules sur le papier sulfurisé, en les espaçant. Travaillez vite : le mélange durcit en refroidissant et devient difficile à mouler. Visez des tas réguliers, de la taille d'une bouchée, le format bonbon de boutique. Si vous avez plusieurs couleurs, façonnez chaque portion séparément.
Le pourquoiLe sucre recristallise en refroidissant : la forme donnée à chaud est définitive. Une masse encore brûlante se moule ; tiÚde, elle s'émiette et les tas ne se soudent plus.
Deux Ă©coles pour fixer la confiserie. Au four : enfournez les tas 10 minutes Ă 180°C pour les croĂ»ter, puis laissez-les refroidir complĂštement. Ă l'air libre : laissez-les simplement sĂ©cher plusieurs heures dans un endroit sec, ils gardent un cĆur plus moelleux. Dans les deux cas, n'y touchez pas avant complet refroidissement, sinon ils s'affaissent. Le four donne une coque plus croquante et une friandise qui se garde mieux, l'air libre un rĂ©sultat plus tendre.
Le pourquoiLa coque se forme en chassant l'humiditĂ© de surface : la chaleur du four la croĂ»te vite et en profondeur, l'air sec la forme lentement en prĂ©servant le moelleux du cĆur. C'est ce choix qui signe la texture finale.
Laissez refroidir complĂštement les confiseries sur le papier : elles finissent de durcir et prennent leur tenue en refroidissant. DĂ©collez-les dĂ©licatement et rangez-les dans une boĂźte hermĂ©tique Ă tempĂ©rature ambiante ; la version passĂ©e au four se garde plus longtemps que la version moelleuse sĂ©chĂ©e Ă l'air, Ă consommer dans les jours qui suivent. PrĂ©sentez-les en assortiment de couleurs pour les fĂȘtes.
Le pourquoiLe refroidissement achÚve la cristallisation du sucre : c'est lui qui soude définitivement les brins de coco. Manipulés tiÚdes, les bonbons se déforment et suintent.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
â Cette recette n'a jamais Ă©tĂ© testĂ©e par la communautĂ©. Soyez le premier Ă fermer la couronne.
MĂȘme friandise sous un autre drapeau : Ă La RĂ©union comme Ă Madagascar, la coco rĂąpĂ©e cuite au sirop de sucre et façonnĂ©e en petits tas colorĂ©s s'appelle bonbon coco. Les Mauriciens eux-mĂȘmes reconnaissent la parentĂ© transĂźle de leur gato coco de boutique.
Voir la recette âCousineCompagnons de vitrine : deux bonbons roulĂ©s Ă la main et vendus pour quelques roupies dans les boutiques de quartier mauriciennes, le sucrĂ©-doux de la coco face Ă l'aigre-piquant du tamarin.
Voir la recette âCousineLa coco dans tous ses Ă©tats : le gato coco est l'autre douceur mauricienne bĂątie sur la noix fraĂźche rĂąpĂ©e, sans l'Ă©crin de patate douce.
Voir la recette âCousineL'autre visage de la coco sucrĂ©e mauricienne : lĂ oĂč la tarte prend la coco en flan sur un sablĂ©, le gato coco la fige en confiserie dense coco-sucre, souvent teintĂ©e de rose â c'est de lui que vient l'imaginaire rosĂ© des douceurs coco de l'Ăźle.
Voir la recette âCousineMĂȘme science du sucre cuit au bon point : dans les deux confiseries crĂ©oles, c'est la concentration du sirop qui soude la masse â coco rĂąpĂ© d'un cĂŽtĂ©, perles de besan de l'autre.
Voir la recette âCousineLe cĆur du zinzli, c'est un gato coco miniature : la mĂȘme alliance coco rĂąpĂ©e-sucre qui, seule et moulĂ©e, devient la confiserie des boutiks. Deux dĂ©clinaisons du mĂȘme couple coco-sucre de canne, l'une nue, l'autre cachĂ©e sous le riz gluant et le sĂ©same.
Voir la recette âCousineLe duo coco rĂąpĂ©e et sucre poussĂ© Ă l'Ă©tat pur : sans tubercule, la coco devient confiserie. Les deux gato partagent le mĂȘme garde-manger du cocotier.
Voir la recette âDans les Antilles crĂ©oles, la mĂȘme alchimie de coco rĂąpĂ©e prise dans un sirop de sucre donne la tablette coco (sik a koko) : autre ocĂ©an, mĂȘme geste hĂ©ritĂ© des Ăźles Ă sucre, jusqu'aux teintes rosĂ©es du bonbon.
Pas encore dans l'AtlasSourcer ou se taire
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier Ă cuisiner cette recette.