Chargement de lâatlas
Atlas Culinaire · Madagascar · Afrique
L'anneau dorĂ©-roux des Ă©tals du matin â croustillant de farine de riz dehors, moelleux dedans, formĂ© d'un tour de poignet au-dessus de l'huile chaude
Au petit matin, dans les rues de Madagascar, les Ă©tals des mpivarotra mofo, les marchandes de beignets, alignent toute une famille de fritures : le mofo gasy blond et bombĂ©, le mofo akondro Ă la banane, le mofo baolina en boule, et lui, le menakely, reconnaissable entre tous Ă son anneau. Son nom se lit comme une couleur : mena, rouge, et kely, petit â « le petit rouge ». C'est le sucre de canne roux, glissĂ© dans la pĂąte, qui lui donne Ă la friture cette robe brun-rousse, presque acajou, qui le distingue de ses frĂšres plus pĂąles.
Deux débats traversent les cuisines qui font le menakely.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Dans un grand saladier, versez la farine de blé et la farine de riz. Creusez un puits au centre, ajoutez-y le sucre roux et la levure, puis mélangez à la main en tournant du centre vers les bords pour intégrer progressivement les farines.
Le pourquoiLes deux farines jouent des rÎles opposés : le blé donne le corps et la tenue, la farine de riz apporte le croustillant sec caractéristique du menakely. Bien répartir le sucre dÚs maintenant évite les poches sucrées qui brûleraient à la friture.
Battez l'Ćuf Ă part et ajoutez-le au mĂ©lange sec, puis versez l'eau tiĂšde en filet tout en remuant Ă©nergiquement Ă la cuillĂšre en bois. Cherchez une pĂąte fluide mais pas liquide : elle doit couler de la cuillĂšre en un ruban Ă©pais et continu, comme une pĂąte Ă crĂȘpe Ă©paisse. Trop liquide, rattrapez avec un peu de farine de blĂ© ; trop ferme, dĂ©tendez avec un peu d'eau.
Le pourquoiL'hydratation progressive évite les grumeaux et permet d'ajuster la consistance au fur et à mesure : c'est elle qui décidera de la forme de l'anneau à la friture.
Couvrez le saladier d'un torchon propre et laissez reposer à température ambiante : une heure au minimum avec de la levure chimique, plusieurs heures (voire une nuit au frais) si vous travaillez à la levure de boulanger. La pùte doit se détendre et s'aérer avant la friture.
Le pourquoiLe repos laisse la farine s'hydrater Ă cĆur et la levure produire ses bulles : c'est lui qui sĂ©pare un beignet lĂ©ger d'un beignet dense et gras.
Versez l'huile dans une poĂȘle profonde ou un wok sur 5 Ă 6 cm de hauteur. Chauffez Ă feu moyen-vif jusqu'Ă 170-175 °C. Sans thermomĂštre, trempez le manche d'une cuillĂšre en bois : de fines bulles doivent remonter aussitĂŽt autour du bois. Une fois la tempĂ©rature atteinte, rĂ©duisez Ă feu moyen pour la maintenir stable.
Le pourquoiLe sucre roux de la pĂąte caramĂ©lise vite : au-delĂ de 175 °C, l'extĂ©rieur brunit et brĂ»le avant que le cĆur ne soit cuit. La couleur acajou se construit Ă tempĂ©rature modĂ©rĂ©e.
Trempez une louche à beignet (ou une cuillÚre à soupe profonde) quelques secondes dans l'huile chaude, puis remplissez-la de pùte aux deux tiers. Approchez-la de la surface et, d'une rotation vive du poignet, faites glisser la pùte en couronne : le O creux se forme dans l'huile. Faites frire 2 à 3 minutes jusqu'à la teinte dorée-rousse, retournez, poursuivez 2 minutes. Ne dépassez pas 4 ou 5 beignets à la fois.
Le pourquoiLa louche huilĂ©e empĂȘche la pĂąte d'adhĂ©rer : elle glisse d'un bloc et l'anneau garde sa forme. Trop de beignets en mĂȘme temps ferait chuter la tempĂ©rature, et ils s'imbiberaient d'huile.
Sortez les beignets Ă l'Ă©cumoire et posez-les sur plusieurs couches de papier absorbant pour Ă©liminer l'excĂšs d'huile. La robe doit ĂȘtre d'un dorĂ©-acajou uniforme : c'est cette teinte rousse, nĂ©e du sucre de canne, qui donne son nom au « petit rouge ».
Le pourquoiL'égouttage à chaud fixe le croustillant : un beignet qui refroidit dans son huile devient gras et mou.
Servez les menakely chauds, à la maniÚre des rues malgaches du matin : avec un café noir trÚs sucré, ou un verre de ranovola, l'eau de riz grillé de la table malgache. Ils se mangent dans l'heure, tant que la croûte craque encore.
Le pourquoiL'amertume du café ou la note grillée du ranovola tranchent le sucre roux du beignet : c'est le contraste qui fait l'accord, pas l'accumulation de sucre.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
â Cette recette n'a jamais Ă©tĂ© testĂ©e par la communautĂ©. Soyez le premier Ă fermer la couronne.
Les deux rĂšgnent cĂŽte Ă cĂŽte sur l'Ă©tal du matin des mpivarotra mofo : mĂȘme pĂąte Ă base de riz, mĂȘme friture ou cuisson minute, mĂȘme cafĂ© noir trĂšs sucrĂ© en accompagnement. Le mofo gasy est le frĂšre blond et bombĂ© du menakely roux.
Voir la recette âCousineAutre pilier de l'Ă©tal des beignets malgaches : la banane enrobĂ©e de pĂąte frite. Menakely et mofo akondro partagent la friture, le service brĂ»lant dans la rue et la place du goĂ»ter-petit-dĂ©jeuner populaire.
Voir la recette âCousineTissage transĂźle : Ă Maurice, le gato zinzli est lui aussi une petite friture sucrĂ©e Ă base de farine de riz, vendue en douceur de rue. Deux expressions insulaires de la mĂȘme famille des beignets de riz de l'ocĂ©an Indien.
Voir la recette âCousineMĂȘme famille des mofo frits sucrĂ©s vendus au coin de rue : le baolina est la boule pleine, le menakely l'anneau creux au sucre roux. PĂątes proches, gestes de friture cousins, mĂȘme clientĂšle du petit matin.
Voir la recette âSourcer ou se taire
â COURONNE â PAGE MAĂTRESSE · or en attente du test
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier Ă cuisiner cette recette.