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Atlas Culinaire · Maurice · Afrique
Le beignet de rue mauricien par excellence â des tranches de pain rassis trempĂ©es dans une pĂąte dorĂ©e de farine de pois chiche (besan) et de cive, frites jusqu'au croustillant, dĂ©vorĂ©es brĂ»lantes au satini cotomili : le petit-dĂ©jeuner et le quatre-heures « ki ena dan tou lakaz » (qu'on trouve dans toutes les maisons).
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Dans un grand bol, mĂ©langer la farine de pois chiche (besan), la farine de blĂ©, le sel, la levure chimique et la pincĂ©e de colorant jaune. Ajouter la cive ciselĂ©e. Verser l'eau peu Ă peu en fouettant pour obtenir une pĂąte LISSE et nappante, sans grumeaux â la consistance d'une pĂąte Ă crĂȘpe un peu Ă©paisse qui enrobe le dos d'une cuillĂšre. Pourquoi mĂ©langer sec d'abord ? Pour rĂ©partir levure et sel et Ă©viter les paquets de besan secs. Laisser reposer 30 minutes : le besan s'hydrate, la pĂąte Ă©paissit et adhĂšre mieux au pain. Trop liquide ? Ajouter un peu de besan. Trop Ă©paisse ? DĂ©tendre Ă l'eau.
Couper le pain (de prĂ©fĂ©rence un peu rassis â c'est tout l'esprit anti-gaspi mauricien) en tranches d'environ 1,5 cm, ou en moitiĂ©s selon la taille du pain. Un pain trop frais et mou se gorge d'huile et se dĂ©fait ; un pain lĂ©gĂšrement sec tient mieux et reste croustillant. Pourquoi le rassis ? Parce que « du pain frire » est nĂ© pour recycler le pain dur de la veille â c'est une cuisine de rĂ©cupĂ©ration devenue institution de rue. Disposer les tranches Ă portĂ©e du bol de pĂąte. Si le pain est VRAIMENT dur, le passer une seconde sous l'eau ou attendre qu'il ramollisse Ă la pĂąte.
Verser l'huile dans une marmite Ă fond Ă©pais ou un wok, sur 4-5 cm de hauteur, et chauffer Ă feu moyen-vif jusqu'Ă 170-180°C. Pas de thermomĂštre ? Laisser tomber une goutte de pĂąte : si elle remonte aussitĂŽt en grĂ©sillant et dore en 30-40 secondes, l'huile est prĂȘte. Pourquoi cette prĂ©cision ? Une huile trop froide imbibe les beignets de gras (mous et lourds), une huile trop chaude brĂ»le l'extĂ©rieur avant que l'intĂ©rieur cuise. On cherche le grĂ©sillement franc et la coloration rĂ©guliĂšre. Trop chaude ? Baisser le feu une minute avant de lancer.
Tremper chaque tranche de pain dans la pĂąte pour l'enrober entiĂšrement des deux cĂŽtĂ©s, laisser l'excĂ©dent s'Ă©goutter une seconde, puis dĂ©poser dĂ©licatement dans l'huile chaude â loin de soi pour Ă©viter les Ă©claboussures. Frire 2-3 minutes par face en retournant Ă mi-cuisson, jusqu'Ă un dorĂ© profond et croustillant. Pourquoi en petites fournĂ©es (2-3 piĂšces) ? Trop de pain d'un coup fait chuter la tempĂ©rature et les beignets ramollissent. Ăgoutter sur papier absorbant. RĂ©ussite : une croĂ»te dorĂ©e qui craque, une mie chaude et moelleuse dedans. Beignet pĂąle ? L'huile Ă©tait trop froide â remonter le feu avant la fournĂ©e suivante.
Servir les « du pain frire » IMMĂDIATEMENT, encore brĂ»lants et croustillants, avec un bol de satini cotomili (chutney tomate crue, coriandre, piment, oignon, citron) pour tremper. Pourquoi tout de suite ? Refroidis, ils ramollissent et perdent leur croustillant â c'est un plaisir de l'instant, mangĂ© debout prĂšs de l'Ă©tal ou Ă la maison au petit-dĂ©jeuner avec un thĂ© au lait. RĂ©ussite : un beignet qui craque, une chair tiĂšde, le satini frais et piquant qui rĂ©veille tout. On les mange Ă la main, sans façon. Petit-dĂ©jeuner ou quatre-heures, c'est le rĂ©flexe gourmand mauricien.
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Sourcer ou se taire
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