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Atlas Culinaire · Maurice · Cuisine indo-mauricienne
Pois cassés jaunes fondus dans une eau dorée au curcuma, réveillés par un tarka grésillant de cumin, d'ail et de feuilles de caripoulé — la soupe veloutée du quotidien indo-mauricien, versée sur le riz ou saucée au farata chaud
Sous ce nom anglo-créole se cache le plus quotidien des gestes indo-mauriciens : le dal, que l'île appelle dholl, des pois cassés jaunes fondus dans une eau teintée de curcuma. Il est arrivé dans les marmites de Maurice avec les engagés indiens débarqués dès 1834 sur les marches de l'Aapravasi Ghat, à Port-Louis — ce site, aujourd'hui classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, fut la porte d'entrée de centaines de milliers de travailleurs venus du Bihar et des plaines du Gange, qui portaient dans leurs baluchons la culture du dal, pilier de la table du nord de l'Inde. Sur l'île, le geste s'est créolisé sans se perdre : les pois cuisent longuement jusqu'à se défaire en un velours jaune d'or, puis reçoivent un tarka — cette huile brûlante où crépitent graines de cumin, ail, oignon et feuilles de caripoulé — versé d'un coup, dans un grésillement qui parfume toute la maison. Selon l'humeur et la maisonnée, le dholl reste épais et se verse sur le riz, aux côtés d'un cari et d'un satini, dans le trio du service mauricien ; ou il s'allonge en soupe veloutée, mangée brûlante au bol avec un farata ou un morceau de dipain à tremper, un trait de citron vert et une pluie de cotomili. C'est une cuisine de semaine, sans cérémonie : celle qui tient au corps, coûte trois fois rien et raconte, à chaque cuillerée dorée, le voyage du dal à travers l'océan Indien.
Faut-il mixer le dholl ? La question divise les cuisines mauriciennes : certains le veulent lisse et velouté, passé au mixeur plongeant ; d'autres tiennent au grain visible, les pois simplement fondus par la cuisson, texture jugée plus fidèle au dal des origines.
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Rincez les pois cassés jaunes à l'eau claire jusqu'à ce que l'eau soit limpide. Mettez-les dans une grande casserole avec l'eau froide, le curcuma et une pincée de sel. Portez à ébullition, écumez la mousse qui monte, puis réduisez à frémissement. Laissez cuire 40 à 45 minutes en remuant régulièrement, jusqu'à ce que les pois soient complètement fondus et la soupe épaissie. Si elle épaissit trop, détendez-la avec de l'eau chaude.
Le pourquoiLe départ à l'eau froide laisse les pois s'hydrater et se défaire progressivement au lieu de durcir en surface ; c'est cette cuisson lente qui donne le velours, sans mixeur.
Dans une poêle à part, chauffez l'huile à feu vif. Jetez-y les graines de cumin : elles doivent crépiter immédiatement. Ajoutez les feuilles de caripoulé (feuilles de cari), le piment, l'ail et l'oignon, et faites revenir 8 à 10 minutes jusqu'à ce que l'oignon soit doré. Ajoutez le gingembre et la pomme d'amour (tomate) concassée, laissez cuire 5 minutes, puis versez ce tarka d'un seul coup dans la soupe de pois cassés.
Le pourquoiLes arômes du cumin et du caripoulé sont solubles dans le gras, pas dans l'eau : seule l'huile très chaude les libère et les transporte dans toute la soupe — c'est le tarka qui transforme une bouillie de pois en dholl.
Pour une version veloutée, mixez la soupe au mixeur plongeant jusqu'à texture lisse ; pour une version au grain visible, laissez-la telle quelle. Rectifiez le sel, servez brûlant dans des bols chauds, parsemez de cotomili (coriandre fraîche) ciselé et proposez le jus de citron vert à part.
Le pourquoiLe citron vert s'ajoute au dernier moment : cuite, son acidité s'éteint ; crue, elle tranche le velouté, réveille le curcuma et allège la légumineuse.
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Le même curcuma, la même rue, deux légumineuses différentes. La dholl soup se boit avec le pois cassé jaune fondu ; le dholl puri se farcit au gram dholl, le pois chiche cassé, cuit ferme et moulu à sec pour ne surtout pas rendre d'eau dans la pâte.
Voir la recette →CousineLe dholl passé du liquide au croustillant : pois cassés trempés, pilés et frits en beignets pimentés — l'autre destin du même grain jaune dans la rue mauricienne.
Voir la recette →CousineLe frère réunionnais du bol de grains : légumineuses fondues servies sur le riz, même rôle nourricier dans le service créole des deux îles sœurs de l'océan Indien.
Voir la recette →CousineL'autre soupe de légumineuses de l'île : le dholl soup joue la lentille seule et claire, là où le halim fond blé, lentilles et viande en un seul velours.
Voir la recette →VarianteLe même dholl de pois cassés porté vers la soupe de rue : base identique, service plus liquide et autonome. La frontière entre les deux fiches est si mince qu'un doublon interne est suspecté (voir signalement).
Voir la recette →Sourcer ou se taire
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