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Atlas Culinaire · Maurice · Afrique
Le touffé de lalo, gombos étouffés à couvert avec oignon fondu, ail, pomme d'amour et thym : le légume filant de l'héritage africain apprivoisé par le feu doux créole, fondant et nappant sur le riz blanc.
À Maurice, le gombo s'appelle lalo, et l'île le connaît depuis les premiers temps de la colonisation. Facile à cultiver, disponible toute l'année, ce légume vert tendre nourrissait autrefois les esclaves au quotidien avant de s'installer durablement sur toutes les tables créoles. Le geste qui le sublime porte un nom bien mauricien : le touffé, cette cuisson à couvert et à feu très doux où le légume s'attendrit dans sa propre vapeur, blotti dans une base d'oignon fondu, d'ail, de pomme d'amour (la tomate, en créole) et de thym. Le lalo traîne une réputation de légume visqueux ; la cuisine créole l'a apprivoisé avec patience et malice : on le lave entier, on le tranche net au couteau bien aiguisé, on le remue à peine, et on laisse l'acidité de la tomate faire son travail. Il en ressort fondant, enrobé d'une sauce rouge qui nappe sans filer. Servez-le comme dans les cours mauriciennes : posé sur le riz blanc fumant, à côté d'un grain sec et d'un cari ou d'une rougaille, sa place naturelle dans le service créole. Et sachez que le lalo se décline à l'infini sur l'île : safrané avec le poisson, en vindaye, en fricassée, ou frit croustillant.
Le lalo soulève le débat universel de l'okra, et Maurice n'y échappe pas.
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Lavez les gombos entiers sous l'eau froide, jamais après la coupe. Séchez-les bien, puis ôtez le capuchon et la pointe avec un couteau très aiguisé. Laissez-les entiers ou détaillez-les en tronçons de 2 à 3 cm selon votre préférence. En option recommandée, blanchissez-les 2 minutes dans une eau bouillante salée additionnée d'une cuillère à soupe de vinaigre blanc, puis égouttez-les et séchez-les soigneusement sur un torchon.
Le pourquoiLa texture filante du gombo vient du mucilage libéré par les cellules brisées, qui se dissout dans l'eau. Laver avant la coupe, trancher net et blanchir au vinaigre limitent chacun sa libération : l'acidité resserre les fibres en surface.
Chauffez l'huile à feu moyen dans une cocotte ou une sauteuse à fond épais. Faites fondre l'oignon émincé 6 à 7 minutes jusqu'à ce qu'il devienne translucide, sans coloration. Ajoutez l'ail haché, le gingembre si vous en mettez et un piment entier, laissez cuire 2 minutes. Incorporez les pommes d'amour fraîches concassées et le thym, puis laissez réduire 5 minutes en une sauce épaisse.
Le pourquoiL'acidité de la pomme d'amour casse en partie le mucilage du gombo : c'est elle qui donnera une sauce rouge qui nappe au lieu de filer. Une base fondue à feu moyen, jamais brunie, garde la douceur que demande l'étouffée.
Ajoutez les gombos, entiers ou en tronçons, dans la sauce tomate aux aromates. Enrobez-les délicatement sans les écraser. Versez 2 à 3 cuillères à soupe d'eau si le fond paraît sec, salez légèrement. Couvrez hermétiquement et laissez cuire à feu très doux 10 à 15 minutes, en ne remuant qu'une ou deux fois, très délicatement : les gombos cuisent dans leur propre vapeur et la sauce concentrée.
Le pourquoiÀ couvert et à feu très doux, la vapeur attendrit le gombo sans le noyer : il devient fondant sans s'effondrer, et la sauce reste concentrée au lieu de se diluer.
Retirez le thym et le piment entier, goûtez et rectifiez le sel. Servez chaud, directement sur du riz blanc nature, aux côtés d'un grain sec et d'un cari, d'une rougaille ou d'une grillade. Si vous devez réchauffer, ajoutez un filet d'eau et faites-le à couvert, tout doucement.
Le pourquoiC'est la place du touffé dans le service créole : le trio riz, grains et cari s'équilibre avec ce légume fondant qui lie l'assiette. Fraîchement cuit, le gombo est à son meilleur ; réchauffé, sa viscosité remonte naturellement.
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