Avant le XVe siècle
Alimentation ancestrale des peuples forestiers
Avant tout contact européen, les populations Bubi de l'île de Bioko et les peuples Fang, Ndowe et Bubi du continent vivaient d'une alimentation basée sur la chasse, la pêche, la cueillette en forêt tropicale et une agriculture itinérante sur brûlis. Les tubercules sauvages, les fruits forestiers, le gibier et le poisson du golfe de Guinée constituaient l'essentiel de la diète. Ces pratiques alimentaires, peu documentées par des sources écrites, sont attestées par les traditions orales et les études ethnoanthropologiques contemporaines.
1472
Arrivée portugaise et premiers échanges alimentaires
Les navigateurs portugais Fernão do Pó et Pedro de Escobar atteignent l'île qui prendra le nom de Fernando Poo (aujourd'hui Bioko) en 1472, établissant les premiers contacts entre les populations locales Bubi et le monde atlantique. Les Portugais introduisent progressivement des plantes américaines et asiatiques dans leurs comptoirs côtiers, amorçant une transformation lente des ressources alimentaires disponibles. Cette période inaugure les premiers échanges culinaires transatlantiques qui marqueront durablement l'alimentation équato-guinéenne.
1778
Cession espagnole et nouvelles cultures coloniales
Par le traité d'El Pardo (1778), le Portugal cède à l'Espagne les îles du golfe de Guinée, dont Fernando Poo et Annobón, ainsi que des droits sur le continent. L'administration espagnole encourage progressivement l'introduction de cultures commerciales, notamment le cacao et le café, qui transforment l'organisation agricole des îles. Ces nouvelles cultures modifient les habitudes alimentaires locales en réorientant une partie de la main-d'œuvre agricole vers des productions d'exportation au détriment des cultures vivrières traditionnelles.
XIXe siècle
Essor des plantations de cacao à Bioko
À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, l'île de Fernando Poo connaît un développement intensif des plantations de cacao sous administration espagnole, faisant appel à une main-d'œuvre importée d'autres régions d'Afrique, notamment du Nigeria et du Liberia. Ce boom agricole colonial entraîne des brassages de populations et d'influences culinaires, enrichissant la cuisine locale de nouvelles techniques et ingrédients. La société de plantation forge une culture culinaire hybride mêlant traditions Bubi, apports africains continentaux et influences ibériques.
1968
Indépendance et revalorisation des cuisines traditionnelles
La Guinée équatoriale accède à l'indépendance le 12 octobre 1968, devenant le seul pays d'Afrique subsaharienne à avoir l'espagnol pour langue officielle, ce qui confère à sa cuisine une identité unique mêlant héritages africains et ibériques. Après des décennies de colonisation ayant marginalisé les pratiques alimentaires locales, l'indépendance amorce une revalorisation progressive des recettes traditionnelles Fang, Bubi et Ndowe. Cette période correspond également à l'essor pétrolier à partir des années 1990, qui transformera profondément les modes de consommation alimentaire urbains du pays.