vers 3 000 av. J.-C.
Premières cultures agricoles des Taïnos
Les populations autochtones amérindiennes, ancêtres des Taïnos, s'installent progressivement dans les Grandes Antilles et développent une agriculture centrée sur le manioc (yuca), la patate douce (boniato) et le maïs. Leur technique de préparation du pain de manioc appelé 'casabe' constitue la première tradition culinaire documentée du territoire cubain, encore consommée de nos jours.
1492
Arrivée espagnole et choc alimentaire colonial
L'arrivée de Christophe Colomb à Cuba en octobre 1492 déclenche une révolution alimentaire sans précédent : les Espagnols introduisent le porc, le bœuf, la canne à sucre, le riz et les agrumes, tandis qu'ils découvrent et exportent vers l'Europe le maïs, le piment et la patate douce. Ce 'choc colombien' constitue le fondement du métissage culinaire cubain, mêlant traditions ibériques et héritages taïnos.
XVIIe siècle
La traite négrière façonne la cuisine cubaine
L'essor des plantations sucrières à Cuba s'accompagne d'une immigration forcée massive d'esclaves africains, principalement yorubas, congolais et mandingues, qui introduisent le gombo, le sésame, les haricots noirs et de nombreuses techniques culinaires. Cette contribution africaine transforme profondément la cuisine cubaine, en lui apportant les saveurs, les textures et les associations d'ingrédients qui la caractérisent encore aujourd'hui.
À partir de 1847
Immigration asiatique et nouvelles saveurs
L'arrivée de travailleurs sous contrat venus de Chine, notamment de la province du Guangdong, introduit de nouvelles techniques et ingrédients dans la cuisine cubaine : le riz sauté, le soja et diverses herbes aromatiques. Le quartier de La Havane-Chinatown (Barrio Chino) devient un creuset culinaire unique dans les Caraïbes, enrichissant davantage la complexité du patrimoine gastronomique cubain.
Après 1959
Révolution castriste et cuisine de subsistance
La révolution cubaine de 1959 et le blocus américain qui s'ensuit transforment radicalement les pratiques alimentaires de l'île : l'instauration de la 'libreta de abastecimiento' (carnet de rationnement) en 1962 contraint la population à adapter ses recettes aux ressources disponibles. Cette période de pénurie favorise paradoxalement une cuisine populaire inventive, valorisant les légumineuses, les tubercules et les recettes frugales qui sont devenues constitutives de l'identité culinaire cubaine contemporaine.