vers 300 apr. J.-C.
Peuplement arawak et premières cultures vivrières
Les Arawaks (Taïnos) peuplent la Grenade et y pratiquent une agriculture basée sur le manioc, les patates douces, le maïs et divers tubercules. Ces premières cultures vivrières constituent le socle de l'alimentation précolombienne de l'île, avant l'arrivée ultérieure des Kalinagos (Caraïbes insulaires) qui enrichissent ces pratiques de techniques de pêche et de préparations à base de piment.
1649
Colonisation française et introduction de nouvelles cultures
Les Français établissent la première colonie européenne permanente à la Grenade en 1649 sous Jacques du Parquet, introduisant la canne à sucre, le cacao et de nouvelles pratiques agricoles. L'île est rebaptisée La Grenade et son économie de plantation s'organise autour du travail forcé d'esclaves africains, dont les traditions culinaires — usage de feuilles de taro, de légumineuses et d'épices — commencent à se fondre dans une cuisine créole naissante.
1763
Cession à la Couronne britannique, essor du cacao
Par le traité de Paris, la Grenade passe sous domination britannique, période durant laquelle le cacao et le sucre deviennent les cultures d'exportation dominantes. Les Britanniques renforcent le système de plantation, et la cuisine de l'île continue de se métisser entre traditions africaines, européennes et amérindiennes. C'est aussi sous l'administration britannique que les bases du régime alimentaire créole contemporain se solidifient.
1843
Introduction de la muscade, naissance de « l'île aux épices »
La noix de muscade (Myristica fragrans) est introduite à la Grenade vers 1843 depuis les Indes orientales britanniques, et s'adapte si parfaitement au climat de l'île qu'elle devient rapidement la culture commerciale principale. La Grenade devient l'un des premiers producteurs mondiaux de muscade et de macis, épices qui parfument désormais les rhums, desserts, sauces et préparations de viande locales. Cet héritage vaut à l'île son surnom durable d'« île aux épices ».
1974
Indépendance et affirmation d'une identité culinaire nationale
L'indépendance de la Grenade en 1974 s'accompagne d'une revalorisation progressive de la cuisine créole locale comme expression identitaire nationale. L'oil down — ragoût à base de lait de coco, fruit à pain, callaloo, viande salée et épices — est consacré plat national, symbole de la cuisine communautaire et conviviale grenadienne. Les années suivantes voient une reconnaissance croissante de ce patrimoine culinaire dans les contextes touristiques et académiques caribéens.