vers 400 av. J.-C.
Colonisation grecque et introduction de l'olivier
Les colons grecs fondent des établissements sur les îles dalmates, notamment Issa (actuelle Vis) et Pharos (Hvar), apportant avec eux la culture de la vigne et de l'olivier. Ces pratiques agricoles méditerranéennes s'intègrent durablement dans l'économie et la gastronomie des populations illyriennes locales. Les fouilles archéologiques menées sur ces sites ont mis au jour des amphores à huile et à vin témoignant d'une activité agro-alimentaire intense dès cette période.
début IVe siècle ap. J.-C.
Le palais de Dioclétien et la cuisine impériale romaine
L'empereur Dioclétien, originaire de Salone (près de Split), fait ériger son célèbre palais sur la côte dalmate, témoignant de l'intégration profonde de la Dalmatie dans l'Empire romain et de sa cuisine. Les sources romaines et les vestiges archéologiques attestent d'une production locale d'huile d'olive, de vin, de poissons en saumure et de garum, une sauce fermentée de poisson très prisée dans la gastronomie romaine. Cette période consolide des habitudes alimentaires méditerranéennes qui perdurent dans la cuisine dalmate contemporaine.
Xe siècle
Royaume croate médiéval et culture du pain
L'établissement du premier royaume croate sous Tomislav Ier consolide une organisation sociale et agricole dans laquelle la culture du blé, du millet et de l'élevage porcin joue un rôle structurant dans l'alimentation des populations continentales. Des chroniques médiévales et des documents ecclésiastiques mentionnent la production de pain, de viandes fumées et de fromages comme éléments centraux des échanges économiques et des obligations fiscales. Cette période pose les bases de la dualité culinaire croate entre les traditions continentales pannonniennes et la cuisine maritime de l'Adriatique.
XVe siècle
Influence vénitienne sur la gastronomie dalmate
La domination de la République de Venise sur la majeure partie de la Dalmatie, entre 1420 et 1797, entraîne des échanges culinaires intenses qui façonnent durablement la cuisine de la côte croate. Le risotto, l'utilisation des épices orientales transitant par Venise, ainsi que certaines techniques de conservation du poisson s'intègrent dans le répertoire local, comme en témoignent des archives notariales et commerciales de Zadar et Dubrovnik. Le paški sir est mentionné dans des documents de cette époque comme article d'exportation vers les marchés vénitiens.
années 1990-2000
Indépendance et renaissance de la gastronomie nationale
Après l'indépendance de la Croatie en 1991 et la fin de la guerre, le pays entreprend une valorisation systématique de son patrimoine culinaire comme vecteur d'identité nationale et de développement touristique. Des chefs comme Gault&Millau-primés s'emparent des produits régionaux — truffes d'Istrie, huiles d'olive primées, vins autochtones — pour les placer sur la scène gastronomique internationale. La Croatie intègre l'Union européenne en 2013, accélérant la démarche de protection de ses appellations d'origine et la professionnalisation de sa filière agro-alimentaire.