vers 3 000 av. J.-C.
Domestication du maĂŻs dans les Andes
Les populations préhispaniques du nord-ouest argentin, héritiÚres des cultures andines, cultivent le maïs (Zea mays) et d'autres tubercules comme la pomme de terre et le quinoa dÚs le troisiÚme millénaire avant notre Úre. Ces ingrédients fondateurs constitueront la base de plats toujours consommés aujourd'hui, comme le locro et l'humita. Des fouilles archéologiques menées dans les sites de Tebenquiche et de la Quebrada de Humahuaca (Jujuy) ont confirmé la présence de ces cultures au moins 5 000 ans avant notre Úre.
1536
Arrivée des bovins européens dans les Pampas
Pedro de Mendoza fonde Buenos Aires en 1536 et introduit les premiers bovins europĂ©ens sur le territoire argentin. Ces animaux, rapidement abandonnĂ©s lors du siĂšge de la ville par les QuerandĂs, se reproduisent librement dans les Pampas et constituent en quelques dĂ©cennies d'immenses troupeaux sauvages. C'est Ă partir de ce bĂ©tail errant que les gauchos dĂ©velopperont l'art de la viande grillĂ©e sur braises â l'asado â transformant Ă jamais le paysage alimentaire du pays.
milieu du XIXe siĂšcle
L'immigration européenne remodÚle la cuisine
Entre 1850 et 1950, l'Argentine accueille plus de 6 millions d'immigrĂ©s, majoritairement italiens et espagnols, qui apportent leurs traditions culinaires â pĂątes, pizzas, milanesas et pĂątisseries â et les mĂ©tissent avec les produits locaux. La milanesa (escalope panĂ©e), directement hĂ©ritĂ©e de la cotoletta milanaise, devient ainsi l'un des plats les plus populaires du pays. Cette pĂ©riode de grande immigration façonne durablement ce que les Argentins appellent eux-mĂȘmes leur cuisine « criolla-europĂ©enne ».
début du XXe siÚcle
Le dulce de leche industrialisé conquiert le pays
Si le dulce de leche artisanal est prĂ©parĂ© dans les estancias argentines depuis le XIXe siĂšcle au moins â une lĂ©gende, non vĂ©rifiĂ©e historiquement, en attribue la dĂ©couverte fortuite Ă 1829 au camp du gĂ©nĂ©ral Rosas â c'est au dĂ©but du XXe siĂšcle que son industrialisation le rend accessible Ă toute la population. Les grandes laiteries de la province de Buenos Aires standardisent sa production, et il intĂšgre rapidement l'alfajor, la factura et le submarino (chocolat chaud au lait). Il reste aujourd'hui l'un des produits agroalimentaires les plus exportĂ©s d'Argentine.
1977
L'asado reconnu patrimoine culturel national
Dans le prolongement d'un mouvement de valorisation de l'identitĂ© nationale, l'asado et la figure du gaucho sont officiellement cĂ©lĂ©brĂ©s comme symboles culturels majeurs de l'Argentine, notamment Ă travers le DĂa de la TradiciĂłn (10 novembre), fĂȘte nationale instaurĂ©e en 1939 et renforcĂ©e par des dĂ©crets ultĂ©rieurs. La province de Buenos Aires inscrit formellement les traditions gaucho-culinaires dans ses programmes d'Ă©ducation culturelle Ă partir des annĂ©es 1970. En 2021, le gouvernement argentin entame des dĂ©marches pour proposer l'asado Ă l'UNESCO comme patrimoine culturel immatĂ©riel.