vers 3 000 av. J.-C.
Phéniciens et commerce des épices méditerranéens
Les cités phéniciennes de Byblos, Sidon et Tyr, situées sur le territoire actuel du Liban, jouent un rôle central dans le commerce des denrées alimentaires à travers la Méditerranée : huile d'olive, vin, céréales et condiments circulent via leurs réseaux marchands. Ces échanges fondent une culture culinaire de carrefour, ouverte aux influences égyptiennes, mésopotamiennes et grecques, qui caractérise encore aujourd'hui la cuisine libanaise.
Ier siècle av. J.-C.
Intégration romaine et essor viticole libanais
Sous domination romaine, la région du Liban actuel — notamment la vallée de la Bekaa — devient l'un des greniers et vignobles majeurs de l'Empire, comme en témoignent les gigantesques entrepôts à huile et à vin découverts à Baalbek (Héliopolis). Le vin libanais, réputé dans tout le monde antique, pose les bases d'une tradition viticole qui sera plus tard à l'origine de la production d'arak.
VIIe siècle
Conquête arabe et fusion culinaire levantine
L'expansion arabe et l'islamisation progressive du Levant introduisent de nouvelles pratiques alimentaires, des épices comme le cumin et la cannelle, ainsi que des techniques de conservation et de préparation des viandes qui enrichissent la cuisine locale. Cette fusion entre substrat phéniciano-byzantin et apports arabes constitue le socle de la cuisine levantine classique, dont le mezze libanais est l'héritier direct.
XVIe siècle
Empire ottoman et codification du mezze libanais
Sous la domination ottomane (1516-1918), les échanges culinaires entre Istanbul, le Levant et l'Anatolie s'intensifient, consolidant des préparations comme le kibbeh, le labneh et les différents mezzés en une identité gastronomique distincte dans la province de Grande-Syrie. Les cuisines des grandes familles féodales libanaises — notamment druzes et maronites — développent un raffinement culinaire documenté par les voyageurs européens de l'époque.
années 1975–1990
Diaspora libanaise et rayonnement gastronomique mondial
La guerre civile libanaise (1975-1990) provoque une importante vague d'émigration qui disperse la communauté libanaise aux quatre coins du monde — Amérique du Nord, Afrique de l'Ouest, Australie, Europe — contribuant à une diffusion internationale spectaculaire de la cuisine libanaise. Restaurants, épiceries et recettes familiales exportées font du hummus, du taboulé et du shawarma des références gastronomiques mondiales reconnues, bien avant les premières études académiques sur la mondialisation culinaire.