vers 1300
Arrivée des Maoris et du kūmara
Les premiers colons polynésiens, ancêtres des Maoris, arrivent en Nouvelle-Zélande à bord de grandes pirogues à balancier (waka hourua) en apportant le kūmara, le taro et d'autres plantes cultivées depuis la Polynésie orientale. Ils développent rapidement des techniques de jardinage adaptées au climat tempéré de l'archipel, notamment des fosses de stockage (rua kūmara) pour conserver les tubercules. La chasse au moa (grand oiseau terrestre désormais éteint) et la pêche complètent une alimentation riche et diversifiée.
1769
Cook explore la Nouvelle-Zélande et documente la cuisine maorie
L'expédition du capitaine James Cook, à bord de l'Endeavour, documente pour la première fois de manière systématique les pratiques alimentaires maories, notamment la cuisson en hāngī et la consommation de fougère arboresecente (aruhe) comme aliment de base. Les journaux de bord de Cook et du botaniste Joseph Banks constituent les premières sources écrites européennes sur la gastronomie néo-zélandaise. Ce contact marque le début d'échanges alimentaires majeurs, avec l'introduction progressive de la pomme de terre européenne qui supplante partiellement le kūmara.
1840
Traité de Waitangi et métissage culinaire colonial
La signature du Traité de Waitangi entre la Couronne britannique et les chefs maoris officialise la colonisation et accélère l'introduction massive d'espèces animales européennes, notamment les moutons, les bovins et les porcs, qui transforment profondément le paysage alimentaire néo-zélandais. Les colons britanniques apportent avec eux leurs pratiques culinaires (roasts, pies, puddings) qui s'hybrident progressivement avec les traditions maories. La création de la première fromagerie commerciale et l'essor de l'élevage ovin posent les bases de l'industrie agro-alimentaire nationale.
1882
Premier export réfrigéré de viande ovine vers l'Europe
Le 15 février 1882, le navire Dunedin quitte Port Chalmers avec la première cargaison de viande ovine et bovine réfrigérée à destination de Londres, ouvrant l'ère de l'exportation agroalimentaire néo-zélandaise à grande échelle. Cette innovation technologique, rendue possible par les nouvelles techniques de réfrigération mécanique, transforme définitivement l'économie du pays et consolide l'identité culinaire nationale autour de l'élevage extensif. La Nouvelle-Zélande devient rapidement l'un des premiers garde-mangers de l'Empire britannique.
années 1980-1990
Émergence de la cuisine Pacific Rim et renaissance maorie
À partir des années 1980, une nouvelle génération de chefs néo-zélandais développe la cuisine dite Pacific Rim, fusion créative entre les traditions maories, les influences asiatiques (chinoises, indiennes, polynésiennes) et les techniques culinaires européennes, valorisant les produits locaux d'excellence comme l'agneau, le pāua et le miel de mānuka. Parallèlement, un mouvement de renaissance culturelle maorie (Māori Renaissance) remet à l'honneur les techniques ancestrales, notamment le hāngī et la conservation des savoirs botaniques traditionnels (rongoā Māori). Auckland, ville la plus cosmopolite d'Océanie, devient un laboratoire gastronomique reconnu internationalement.