vers 8 000 av. J.-C.
Premières agricultures du Croissant fertile
Le territoire syrien actuel fait partie du Croissant fertile, berceau de la domestication du blé, de l'orge, des légumineuses et de l'olivier. Des sites archéologiques comme Tell Abu Hureyra, en Syrie, attestent parmi les plus anciennes pratiques agricoles connues au monde. Ces cultures fondatrices structureront durablement toute la cuisine levantine.
vers 1 800 av. J.-C.
Mari, festins royaux et premières recettes cunéiformes
Les archives cunéiformes du palais de Mari, sur l'Euphrate syrien, documentent des pratiques alimentaires élaborées : banquets royaux, consommation de pain, de bière, de viandes et d'huiles. Ces tablettes constituent parmi les premières traces écrites de gestion alimentaire organisée au Proche-Orient. Elles témoignent d'une cuisine de cour déjà sophistiquée dans la région syrienne.
Xe – XIIIe siècle
L'âge d'or arabe et les traités culinaires
Sous les califats abbasside et fatimide, la cuisine syrienne connaît un raffinement exceptionnel documenté dans plusieurs traités culinaires arabes médiévaux, dont le Kitab al-Tabikh de Muhammad bin Hasan al-Baghdadi (XIIIe siècle), qui intègre de nombreuses préparations d'origine syrienne. Alep et Damas deviennent des centres gastronomiques majeurs, influencés par les échanges perses, byzantins et méditerranéens. Les techniques de conservation, de farce et de distillation se développent considérablement pendant cette période.
1516 – XVIe siècle
Alep, capitale ottomane du commerce des épices
L'intégration de la Syrie à l'Empire ottoman en 1516 fait d'Alep l'un des plus grands marchés d'épices du monde connu, reliant l'Inde, la Perse et l'Europe. Cette position de carrefour enrichit considérablement la cuisine syrienne de nouvelles épices, techniques et influences culinaires ottomanes, persanes et anatoliennes. Les souks d'Alep, dont le Grand Souk couvert, deviennent des lieux de brassage gastronomique sans précédent.
à partir de 2011
Diaspora syrienne et rayonnement culinaire mondial
Le conflit syrien déclenché en 2011 provoque l'une des plus grandes vagues migratoires du XXIe siècle, dispersant des millions de Syriens à travers le monde. Cette diaspora contribue paradoxalement à une diffusion internationale sans précédent de la cuisine syrienne, avec l'ouverture de restaurants syriens en Europe, en Amérique du Nord et au-delà. Des chefs comme Imad Alarnab à Londres illustrent comment la cuisine devient un vecteur de mémoire culturelle et de reconstruction identitaire pour les réfugiés.